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Communiqué Association Saint Eloi - 22 août 2004

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Le choix qu'il faudra faire

Le gouvernement de la Fraternité Saint-Pie X, comme tous les instituts de vie consacrée, est soumis au droit universel et traditionnel de l'Église catholique, appelé Droit canonique, qui prévaut sur les coutumes particulières et auquel le Supérieur est tenu d'obéir

Canon 617: « Les Supérieurs [des instituts] accompliront leur charge et exerceront leur pouvoir selon le droit universel et le droit propre. »
Aujourd'hui, il n'est pas question de choisir entre la Fraternité Saint-Pie X ou l'abbé Laguérie, curé de Saint-Éloi : c'est tout un ! S'il faut choisir, c'est en réalité entre la Fraternité dans le droit de l'Église, avec l'abbé Laguérie, ou une Fraternité hors du droit de l'Église, vers une grave dérive.

La condamnation sauvage de l'abbé Laguérie
Par une lettre sans préavis du 29 juillet 2004, Mgr Fellay, Supérieur général sanctionne ce prêtre d'expérience qui mène avec panache le combat pour la Tradition de puis vingt cinq ans : l'abbé se trouve brutalement évincé de sa charge de prieur de Bordeaux, sanctionné, rejeté, sans poste, en exil hors d'Europe. Les procédures prévues par le Code de l'Église ont été bafouées : il n'a pas été entendu avant le prononcé de la sentence et Mgr Fellay se refuse à toute voie de recours.
Pour quelle prétendue faute l'abbé est-il ainsi traité ? Il est accusé de « subversion » ! En réalité, il s'est inquiété légitimement des renvois non motivés de nombreux séminaristes et de la baisse catastrophique des effectifs à Ecône. Il s'en est ouvert au Supérieur, à maintes reprises, en 2003 et 2004. Il a reçu à chaque fois une fin de non recevoir, sur cette question de fond qui engage tout l'avenir de la Tradition. Alors, il a rédigé une analyse statistique détaillée, montrant qu'il s'est produit 62 renvois en sept ans. Il a envoyé ce document à trente confrères d'expérience.
En tant qu'ancien de la Fraternité, il s'est senti le devoir moral de faire réfléchir les anciens parmi ses confrères, sur cette situation alarmante de déclin accéléré. Un chiffre peut faire comprendre à tous son inquiétude : l'an prochain, sur les quinze séminaristes de la promotion initiale, un seul recevra l'ordination sacerdotale à Ecône. Un voyant rouge s'est allumé.
L'abbé a fait appel
Tout prêtre s'estimant lésé par une sentence ecclésiastique peut faire appel (Can. 1628 et Can. 1630). Observant le droit de l'Église et pour défendre l'avenir du sacerdoce et de la Fraternité, l'abbé Laguérie a fait légitimement appel de sa sanction devant son Supérieur. Il revient à l'autorité de Mgr Fellay, selon le droit, de former un tribunal collégial compétent pour instruire cet appel, car tout appel doit être jugé de façon collégiale, selon le principe énoncé au Can. 1441
Can. 1441 - Si, en première instance, selon le can. 1425, § 4, un juge unique a prononcé la sentence, le tribunal de deuxième instance procédera collégialement.
Il va de soi que cet appel de l'abbé contre la sanction injuste de Mgr Fellay est suspensif, ainsi qu'il ressort des Can. 1353 et 1638
Can. 1353 - L'appel ou le recours contre des sentences judiciaires ou des décrets qui infligent ou déclarent une peine ont un effet suspensif.
Can. 1638 - L'appel suspend l'exécution de la sentence.
Selon le Droit de l'Église, Mgr Fellay est tenu d'instruire cet appel ; et tant qu'il s'y refuse ou que l'appel n'est pas jugé, l'abbé Laguérie reste prieur légitime de Bordeaux, doyen d'Aquitaine et curé de Saint-Eloi. C'est le droit de l'Église. C'est le droit de la Fraternité.