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Mascaret - 18 septembre 2004

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"L'abbé Héry 'expulsé' ?"

par l'abbé Héry

Il est de ces phénomènes étranges et brutaux qui font songer à des maladies auto-immunes ou à ces mécaniques folles, emballées par leurs propres rouages et qui explosent en détruisant leurs conducteurs. Ainsi des évènements qui ont frappé la hiérarchie de la Fraternité et le District de France cet été.

Je me suis trouvé "expulsé" de la Fraternité par un libelle de renvoi reçu de la main d'un huissier de justice probablement mandaté par Me Roissart - à l'instar des gorilles accompagnant les abbés Pierre et Loïc Duverger dans leurs voies de fait et cernant le prieuré - et signé de l'abbé de Cacqueray à valoir du 31 août 2004 ; "renvoi" canoniquement nul, de nullité irrémédiable, comme nous le verrons. C'est l'unique lettre qui me fût adressée par mes supérieurs depuis cinq ans; l'unique ordre écrit ou verbal depuis ma nomination à Bordeaux, au 15 août 1999. Ceux qui répandent que j'ai désobéi à une mutation se trompent lourdement. En 16 ans de sacerdoce, je n'ai jamais demandé un lieu d'affectation, ni jamais demandé de quitter celui où l'on m'avait mis: j'ai toujours rejoint le poste qu'on m'indiquait et scrupuleusement obéi à toutes mes mutations (6 en douze ans). Mes supérieurs le savent et le confirmeront: je n'ai reçu aucun ordre de mutation cette année ni au cours de l'été. Je n'ai en rien désobéi.

Le motif alors de mon "renvoi" ? J'ai seulement pris la défense de l'abbé Laguérie, lequel m'a nommé comme son procurateur ou avocat dans la demande d'appel par lui formée devant notre Supérieur général, le 16 août 2004. Pourquoi la hiérarchie a-t-elle interprété cette défense canonique de l'abbé Laguérie comme une rébellion ou "mutinerie", je l'ignore et ne le comprends pas. Depuis quand condamne-t-on l'avocat avec et avant l'accusé qu'il défend? Pourquoi veut-on l'éliminer? Le droit intangible et non écrit de l'avocat de la défense, qui fut en vigueur chez les païens eux-mêmes et répandu par l'Église dans toute la chrétienté, fut supprimé sous la Terreur et la Révolution: Malesherbes fut décapité au seul motif qu'il avait réclamé l'honneur de se faire l'avocat de Louis XVI à son procès. L'abbé de Cacqueray sait-il qu'il s'inscrit en droite ligne dans cette logique du tribunal de la Convention?

Je suis innocent du crime qu'on m'impute et qui n'en est pas un. Car selon l'esprit et la lettre du Droit multiséculaire de l'Église, le droit de la défense de celui qu'on sanctionne, surtout s'il engage un recours, est sacré. J'ai parlé au nom de l'abbé Laguérie pour dire le droit de l'Église devant les fidèles pris en otage malgré eux par l'abbé de Cacqueray, le 22 août, venu déjuger leur pasteur devant tout Saint-Éloi. Il sait qu'il n'a pas dit la vérité en dissimulant aux fidèles pris à témoin au milieu de la messe, que l'abbé Laguérie était frappé d'une sanction, qu'il en avait fait légitimement appel et que cet appel était suspensif de ladite sanction.

Ayant parlé au nom de l'accusé, cité le Droit canonique et rétabli sur ce point la vérité, devais-je être exécuté? J'ai fait appel, cet appel est suspensif, je fais toujours partie de la Fraternité.