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Communiqué des abbés Christophe Héry et Philippe Laguérie - 23 octobre 2004

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22 octobre 2004

Abbé Philippe Laguérie ; abbé Christophe Héry

Fraternité Saint-Pie X

Prieuré Sainte-Marie

19, av. Charles de Gaulle – 33520 Bruges

Communiqué

Nous nous déclarons étonnés par le communiqué du 21 octobre 2004 publié sur Internet par Monsieur l’abbé A. Sélégny, qui prétend mettre fin aux perspectives de paix dans la Fraternité Saint-Pie X, au moment où elles pouvaient aboutir.

Alors qu’au terme de « conversations franches et ouvertes » (comme il le précise justement) entre Mgr Fellay et l’abbé Laguérie et en présence de Mgr Williamson, il était clairement établi :

1- que les graves difficultés concernant le traitement des vocations au séminaire d’Écône étant reconnus par tous, on pensait à un remède avec la plus grande diligence ;

2- que la possibilité de recours juridique au sein de la Fraternité serait examinée avec soin par l’Autorité en vue d’être soumise au prochain Chapitre général ;

3- qu’entre les parties une paix pouvait s’établir sur la base de documents écrits et signés. Or ces documents existent. Un protocole d’accord a été soumis le 13 octobre aux intéressés. Malgré de très importantes concessions, nous y avions donné notre aval et attendions la réponse personnelle de Mgr Fellay ;

tombe alors dans le public, par voie de presse électronique (La Porte latine) et sans que nous en soyons autrement avertis, ce communiqué du 21 octobre 2004 signé par M. l’abbé Sélégny au nom de la Maison générale.

Il nous autorise et nous oblige, malheureusement, à rompre le silence que nous observions depuis septembre dans l’espoir de cette conciliation :

1- Alors que le projet d’accord devait offrir un bon accueil de nos confrères dans toutes les maisons de notre Fraternité, l’abbé Sélégny entend obliger ceux-ci à nous en fermer les portes, même pour y célébrer la messe privée. Cette mesure va, hélas, renforcer le malaise des prêtres et des fidèles par son caractère injuste – nous sommes, par les recours engagés, membres de plein droit de la Fraternité Saint-Pie X – et autoritaire.

2- Bien plus, notre ministère présent à Saint-Éloi serait « illicite » ! Mais de qui M. l’abbé Sélégny tient-il lui-même sa juridiction ? De quelque accord secret avec Rome… ? Qu’il le dise.

La juridiction de suppléance dont bénéficie jusqu’à nouvel ordre notre Fraternité est prévue par le Code de Droit canonique, qui indique que ce sont les fidèles qui, par leur besoin et leur demande, obtiennent de l’Église la juridiction licite pour leur pasteur. Qui ne voit que s’attribuer ainsi le monopole de la juridiction de suppléance dans l’Église est simplement absurde et porte la marque d’une dérive plus que troublante ? Au nom de quelle autorité M. l’abbé Sélégny peut-il interdire à l’Église de suppléer au manque de juridiction de tels prêtres, lorsque les fidèles en état de nécessité spirituelle font appel à eux ?

Refuser à quelque prêtre que ce soit cette juridiction de suppléance, n’est-ce pas, du côté de la Tradition, la dénier à tous les autres et scier inconsidérément la branche où l’on est assis : le gouvernement et l’administration des sacrements dans toute la Tradition seraient illicites !

Nous faisons donc savoir que notre ministère à Saint-Éloi et partout où l’on nous appelle est aussi licite que celui de tous les prêtres de la Tradition, dans ou hors la Fraternité. L’arbitraire de ce décret de l’abbé Sélégny n’échappera à personne : il coïncide avec l’accusation permanente des évêques de France et de Navarre contre tous nos confrères, incitant au ralliement.

3- Notre permanence au Prieuré Sainte-Marie de Bruges n’est que la manifestation de notre appartenance de plein droit à la Fraternité Saint-Pie X. L’abbé Laguérie, à qui l’on a refusé toute voie de recours interne (pourtant désormais à l’étude) a formé un appel suspensif devant la Rote. L’abbé Christophe Héry attend toujours la réponse que lui doit M. l’abbé de Cacqueray pour un recours en nullité de son prétendu renvoi, daté du 29 septembre. Le communiqué public de M. l’abbé Sélégny ne saurait évidemment tenir lieu de réponse : il constitue un détournement du droit et un nouvel abus de pouvoir.

Nous faisons savoir à tous que, malgré ce retournement brusque et inexplicable, nous continuons d’espérer que les conversations entreprises porteront leurs fruits de paix et de sanctification auprès des prêtres comme des fidèles qui, dans leur immense majorité, attendent le moment béni de la réconciliation. Nous invitons tous les fidèles à s’unir dans une prière fervente à cette intention.

Abbé Philippe Laguérie - Abbé Christophe Héry