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"Une juste notion de l’autorité"

Article de l'abbé Xavier Grossin, dans
La Tour de David, n° 28 Septembre-Octobre 2004

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La société politique en ordre et la société religieuse en ordre ne sont plus. Qu’on le veuille ou non, qu’on l’accepte ou non, cela ne changera pas ce qui est, même si certains font semblant de croire que rien n’a changé, on fait comme avant, on fait comme si on avait tous les pouvoirs, par suppléance ou par adhésion au Vatican d’eux. Je pense bien sûr à la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X (FSSPX) et à sa fille qui lui ressemble tellement sur beaucoup de points : la Fraternité Sacerdotale Saint Pierre (FSSP), en attendant la création d’une Fraternité Sacerdotale Saint Paul qui réunira tous les membres des deux Fraternités pour constituer, sous la crosse de «Mgr » Aulagnier, un « Campos à la française » ... Eh oui, c’est un progrès dialectique : la thèse, c’est la FSSPX, l’antithèse, c’est la FSSP, et vient ensuite la synthèse de l’abbé Aulagnier, fossoyeur de la Tradition, qui finira d’enterrer la résistance à la secte conciliaire, ou du moins ce qu’il en reste. Ces deux sociétés religieuses ont connu, à quelques années d’intervalles, une grave crise de l’autorité. La rébellion, pour des motifs complètement différents, a éclaté publiquement et la réaction opposée des deux Supérieurs a montré à tous que ni l’un ni l’autre ne possédait de véritable autorité, car ni l’un ni l’autre n’a réussi à faire l’unité de la société qu’il dirige. Ceci étant dit, je ne parle pas ici de la secte conciliaire qui parasite les structures des anciens diocèses, l’anarchie doctrinale des hérésies non condamnées et le laxisme moral ayant depuis très longtemps ruiné toute unité, comme toute autorité.

Les deux Fraternités

La FSSP est divisée en deux camps :

1- ceux qui veulent célébrer la Messe catholique et parfois la cène œcuménique de Montini/Buignini, quand cela les arrange.

2- Ceux qui ne veulent jamais célébrer la cène œcuménique, même si un clerc mitré le leur demande.

Monsieur l’abbé Bisig soutenait les prêtres du camp 2. Il ne fut pas réélu au Chapitre Général de l’an 2000 et les rebelles du camp 1 ont réussi à élire un des leurs comme Supérieur : monsieur l’abbé Gouyaud, aujourd’hui incardiné dans le diocèse de Strasbourg. Rome a cassé l’élection et aujourd’hui, c’est un prêtre de compromis qui dirige : monsieur l’abbé Devillers, qui doit diriger en godillant, un coup à droite, un coup à gauche en maintenant un certain équilibre entre les deux factions. Bien sûr, il n’y a aucune unité doctrinale dans ces conditions. Les prêtres se regroupent par affinités, selon leur opinion, dans le camp 1 ou le camp 2.

En cela, la FSSP a hérité de cette tare schizophrénique, qui est la marque de fabrique de la FSSPX. Depuis sa fondation, la FSSPX a cultivé l’ambivalence par rapport à Rome. Dans les discours en interne, elle fit preuve d’une grande fermeté dans ses condamnations contre la Rome moderniste gouvernée par des antichrists qui ont perdu la Foi. Ce qui ne la gênait pas pour toujours chercher un accord, un terrain d’entente avec la même Rome moderniste, et le Supérieur Général se déclarer le fils dévoué de Wojtyla.

Cette Fraternité a toujours été divisée en deux camps :

1- Ceux qui cherchent un accord avec le Vatican d’eux, une reconnaissance canonique (juridique) par « eux », afin de ne pas devenir soi-disant « schismatiques » à plus ou moins long terme. Les prêtres qui se reconnaissent dans ce courant sont les abbés Aulagnier, de Tanoüarn, Célier, Schaeffer, Laguérie, Héry, Bonneterre, pour les plus connus.

2- Ceux qui ne veulent en aucun cas, et sous aucun prétexte, être récupérés par « eux ». De ce courant sont Mgr Williamson, Mgr de Galaretta, l’abbé Pivert, l’abbé Vignalou, l’abbé François, l’abbé André.

Les prêtres du camp 1, sous la houlette (et bientôt sous la crosse ?) de l’abbé Aulagnier, qui fut exclu à cause de sa position clairement exposée en faveur d’un accord avec Rome et ses accusations contre l’excès de prudence de Mgr Fellay, commencent eux aussi à se rebeller publiquement. Il y a bien sûr l’abbé Laguérie et l’abbé Héry à Bordeaux, mais l’abbé de Tanoüarn les a soutenus dans son journal « Minute » et ils sont un certain nombre à les soutenir en privé. L’affaire de Bordeaux ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt libérale.

A la différence de l’abbé Bisig, Mgr Fellay sanctionne, exclut, condamne les rebelles trop bruyants sans être à son tour sanctionné. Est-ce pour autant qu’il a plus d’autorité sur sa Fraternité ? Non, lui aussi essaie de maintenir un équilibre de compromis entre le camp 1 et le camp 2 en donnant un coup à gauche et trois coups à droite, mais la Fraternité reste toujours profondément divisée. Mgr Fellay, élu pour être un Supérieur de compromis, gouverne à la godille entre le camp 1 et le camp 2, mais ne fait pas l’unité doctrinale qui a toujours manqué. Abrutir les prêtres de ministère et de kilomètres en voiture pour les empêcher de penser est une technique qui rapporte beaucoup d’argent au gouvernement, d’abord, et qui permet de masquer le malaise profond qui taraude nombre de prêtres malades sous neuroleptiques, ensuite.

En effet, l’unité des intelligences et des volontés n’existe pas. Il a fallu attendre trente ans pour que le Supérieur Général nomme une équipe de prêtres qui ont travaillé sur la nouvelle messe. Ils ont publié leur étude qui ne répond évidemment pas aux questions de fond. Ils concluent leur étude en disant que la nouvelle messe est dangereuse pour la Foi. Mais est-elle une Messe catholique, oui ou non ? Si elle n’est pas catholique, comment a-telle pu être promulguée par l’Eglise catholique ? Si ce n’est pas par l’Eglise catholique, par QUI a-t-elle été promulguée ? Vous ne le saurez pas, car la FSSPX préfère vous entretenir du Mystère pascal, qui est un véritable aspect de la nouvelle liturgie, mais est-il le plus important ? Et surtout, cela ne dit rien de la catholicité du rite, ni de sa validité. Cette étude ne fera toujours pas l’unité des intelligences sur tous les autres sujets laissés dans l’ombre :

l’église conciliaire est-elle oui ou non l’Eglise catholique ? L’Eglise catholique est-elle éclipsée ? Si oui, par quoi est-elle éclipsée ? De quelle nature est la société qui l’éclipse ? Autant de questions qui feraient l’unité autour de la Foi, et qu’on se gardera bien de poser. De plus, cette étude arrive trop tard. Pendant trente ans, chaque prêtre s’est fait sa propre opinion en se basant sur la partie des discours de Mgr Lefebvre qui le conforte. Comme Mgr Lefebvre a eu des discours et des sermons pour le camp 1 et pour le camp 2, chacun s’y retrouve tout en étant divisé sur les mêmes sujets.

La nature ayant horreur du vide, certains se sont autoproclamés « maîtres à penser » de Tradiland. Je veux parler de l’abbé de Tanoüarn, l’abbé Célier, l’abbé Schaeffer : le trio infernal de l’Institut Saint Pie X, tous les trois « doyens » d’une section. Ce sont eux qui tiennent les estrades, les revues et les micros. On les lit partout, jusque dans « Minute », le journal où l’abbé de Tanoüarn possède personnellement 20% des parts et sa maison d’éditions Servir en possède vingt autres. On les voit partout, on les entend régulièrement sur Radio Courtoisie. Se croyant (ou se sachant ?) à l’abri des sanctions, ils s’autorisent toutes les audaces pour attaquer les défenseurs de l’Eglise contre le complot ***-maçonnique, qui n’existe pas selon eux. Leurs sarcasmes et leur mépris s’étalent sans retenue dans un mauvais brûlot signé Paul Sernine, anagramme d’Arsène Lupin dans 813, intitulé La Paille et le Sycomore.

L’équipe de DPF a répondu point par point aux erreurs, mensonges et autres sophismes de Sernine, qui a véritablement cambriolé la pensée catholique. Demandez-leur les numéros de Lecture et Tradition sur le sujet (SA DPF, BP 1, 86190 CHIRE-EN-MONTREUIL). Ceux qui ont accès à Internet peuvent consulter en ligne le remarquable dossier qu’a constitué Louis-Hubert REMY sur son site : www.a-c-r-f.com

Sur un sujet aussi grave, le Supérieur Général ne dit mot, car il n’en pense rien. Il a écrit à Etienne Couvert qu’il n’avait jamais lu ses livres. L’abbé de Tanoüarn a avoué publiquement la même ignorance dans une conférence donnée à Nantes chez son cher ami l’abbé Bonneterre. Ce qui ne l’empêche pas d’accabler E. Couvert d’injures et de sarcasmes. Profitant du silence des autorités, mieux de la défense que le Supérieur de District de France a faite à tous les Prieurs de critiquer Sernine1, l’abbé de Tanoüarn est allé de l’avant et s’attaque maintenant aux intégristes mêmes catholiques, défendant avec le prêtre apostat Emile Poulat et son cher ami Alain de Benoist (fondateur du G.R.E.C.E., néo-païen et antichrétien) une conception laïque de la société. Jusqu’où ira l’abbé de Tanoüarn ? Jusqu’à quand Mgr Fellay se contentera-t-il de sourire ?

Pendant ce temps, l’abbé Aulagnier entretient des contacts avec « eux » et avec des prêtres de la FSSPX et des prêtres Ecclesia Dei (il était présent à la messe de l’abbé Pozetto, pour ses 25 ans de sacerdoce), afin d’organiser un « Campos à la française » dont il espère bien être le Patriarche.

Cette action menée en coordination avec l’abbé Laguérie va contribuer à déstabiliser la FSSPX. L’attitude contradictoire et absurde d’un Mgr Fellay qui va se prosterner à Rome, tel un fils dévoué du cabotin polonais, itinérant du spectacle, mais qui ensuite refuse de faire le dernier pas, risque d’entraîner un grand nombre de prêtres du côté des abbés Aulagnier et Laguérie. Eux au moins, il faut leur reconnaître, ils savent ce qu’ils veulent et ils en prennent les moyens.

La question de l’autorité en général

Monsieur l’abbé Laguérie a porté le débat uniquement sur la question des renvois de séminaristes et de leur formation, ainsi que la question de l’exercice de l’autorité dans la FSSPX. Ce qu’il dit (en-dehors de la querelle des chiffres) est malheureusement juste et exact. Ce n’est pas parce que l’abbé Laguérie le dit que c’est faux.

Seulement, ce n’est pas le fond du problème. Il fait diversion. Cette question n’est qu’un prétexte pour forcer la main des Supérieurs à accepter un accord avec Rome. Il ne reçut comme toute réponse que sa nomination au Mexique. Symptomatique.

Déjà il y a quelques années, l’abbé Laguérie avait écrit un éditorial lourd de sous-entendus dans Le Chardonnet. Je ne peux m’empêcher de le citer tellement l’analyse est juste.

« Depuis 1968, date de la disparition de toute autorité osant se reconnaître comme telle, on n’a plus, dans tous les domaines que des chefs hypocrites. J’appelle hypocrite le chef qui gouverne à la godille, pour faire avancer les affaires, sans jamais s’en montrer responsable. Faire avancer les affaires veut simplement dire qu’il tire honorablement ses marrons du feu pour maintenir le peu d’autorité qui reste à ses adresses. Il est très fier de ses adresses, la principale étant de parvenir à maintenir avec si peu de compétence ni de perspective. Il aime volontiers, sous ses ordres, des gens doux, sans projet, avec le minimum de compétence pour assurer la survie du statu quo, sans toutefois créer de turbulence. Déplaire est son horreur, mais il est bien incapable de plaire. Il est très habile à défaire, très peu à construire. La peur - une peur au front de taureau - est son mobile universel et inavouable. Il ne va jamais de l’avant parce que toujours il fuit quelque chose. Imaginez la bonté qui peut alors se cacher sous son sourire ! quand il parait détendu…S’il est humble, il attend la retraite. S’il est orgueilleux, il travaille - c’est son seul véritable labeur - à se faire reconduire.(…) Le bon mauvais chef est typiquement celui qui règle tout en fonction des biens privés. Les seules exceptions étant l’autorité parentale et l’autorité du supérieur religieux sur des sujets ayant fait le vœux d’obéissance dans le cadre d’une règle.

A commencer par sa personne, s’il mélange autorité et vertu, ses "hommes" vont souffrir : il ne leur donnera plus qu’un exemple alors qu’il doit leur procurer le bien commun. Ce dernier est toute l’ampleur de son autorité, comme aussi sa limite. La vertu là-dedans n’est tout au plus que la cuirasse de saint Paul : la justice, qui évite les coups, personnels d’ailleurs.

Le bon chef est magnanime. Il aime la compétence de ses collaborateurs, il s’en réjouit, l’utilise, la place, il l’augmente même, pourvu qu’il la gère. Il a plus d’égard pour ses meilleurs, quoiqu’il soit bon avec tous. Il est fort, ignore la peur, va de l’avant, n’est craint que de la canaille quoique respecté de tous. Il est jeune et ardent, même avancé en âge. Il n’a rien de fadasse, ni de falot, il inspire confiance, et finalement on l’aime malgré ses exigences parce qu’on sent derrière elles, non dit, un réservoir inépuisable de bonté. On le voit, la charité est le vrai diadème du chef.

On devrait ajouter aux prières du Salut :

Seigneur donnez-nous des chefs

Seigneur donnez-nous de vrais chefs

Inutile d’ajouter beaucoup, il en faudrait bien peu. » Abbé Philippe LAGUERIE.

Notion

Le mot « autorité » vient du mot latin « augere » :faire grandir, augmenter. L’autorité nécessite dans celui qui la possède une supériorité naturelle car le plus ne vient jamais du moins. Cette autorité est facile et évidente pour un père envers ses enfants, car cette supériorité ne se discute pas, elle est vitale. Entre adultes, cette supériorité est relative, non évidente dans beaucoup de cas, et l’autorité n’est jamais contraignante par elle-même. L’autorité, pour être aimée et obéie, doit venir de Dieu lui-même. C’est Dieu seul qui peut contraindre les hommes à obéir par amour et volontairement. Les hommes ne peuvent le faire que par la violence et la ruse, pour un temps seulement.

Le but de l’autorité est donc de faire grandir tous les subordonnés, de leur apporter un accroissement qu’ils ne pourraient obtenir seuls : c’est ce que l’on appelle le bien commun, qui appartient à tous en commun et à personne en particulier.

Le pouvoir et l’autorité

Avant d’être le pouvoir de se faire obéir grâce à des moyens de coercition, l’autorité est d’abord un pouvoir personnel, un charisme de l’homme seul pour se faire suivre, respecter, aimer… C’est un pouvoir naturel de susciter l’adhésion, l’imitation, le désir de ressembler, d’accéder à un certain niveau.

L’autorité, c’est tout simplement la personnalité d’un homme, considérée dans ses rapports avec autrui. Nul n’a d’autorité que dans la mesure où il excelle. Le savant a une autorité scientifique, le saint une autorité religieuse, l’homme intelligent une autorité intellectuelle. Le bon chef qui possède naturellement l’autorité morale est celui qui sait se faire aimer avant d’être obéi, tout en sachant organiser. C’est l’autorité qui est le fondement du pouvoir et non pas l’inverse. Commander, c’est faire faire en donnant des ordres. Or, il doit absolument y avoir une adéquation entre l’ordre qui est donné par le chef et l’ordre naturel des choses et des hommes, sinon le chef sombre dans l’arbitraire. Le commandement ne doit pas être autre chose que la révélation de l’ordre établi par Dieu dans la nature ou dans la grâce, pour que cet ordre soit respecté par tous pour le plus grand profit de tous. L’arbitraire est la substitution de la volonté propre de quelques-uns au profit de quelques-uns et au détriment du bien de tous.

Cet ordre de la nature et de la grâce veut que ce soient les anciens qui gouvernent les plus jeunes, même s’il y a toujours eu des exceptions avec certains jeunes particulièrement doués et favorisés de la grâce. Une société qui prend comme principe de gouvernement de nommer systématiquement des jeunes pour gouverner des anciens, sous prétexte que les jeunes sont plus fervents, plus dociles, etc… court à sa perte car elle ne respecte pas l’ordre naturel.

« Malheur à la cité dont le roi est un enfant » dit l’Ecriture.

Les règles du bon commandement

1-La relation au but

L’autorité est donc la cause efficiente et le principe de l’unité du groupe qu’elle dirige vers une fin commune. Le rôle du chef est de rendre sensible et évident pour tous la relation qui existe entre ce qui leur est demandé de faire et le but à atteindre. Cela consiste dans la connaissance des buts et la compréhension des raisons. Cela se réalise par l’information. Le chef commandera d’autant mieux qu’il communiquera mieux avec ses subordonnés. Quand on ne peut jamais joindre le Supérieur au téléphone, quand il ne répond pas aux questions et qu’il résout les problèmes en les déplaçant par une mutation, son autorité en diminue d’autant à chaque fois.

2- La justice

C’est la vertu qui constitue la relation humaine par excellence. On observera que le jugement final qu’un subordonné porte sur son chef concerne toujours sa justice. C’est la vertu fondamentale qui est exigée de lui. Il rendra à chacun ce qu’il doit, en observant l’équité et le droit. Les peines prévues par le Droit de l’Eglise sont toujours tempérées par la miséricorde et le souci de corriger le délinquant. L’Eglise n’applique jamais les peines les plus lourdes en premier. Il y a une progression pédagogique. Bien sûr, les crimes sont punis proportionnellement à leur gravité.

3- La clarté des ordres et des situations

Le chef commande bien quand il commande clairement. Les ordres donnés doivent être clairs, sans quoi le subordonné craindra toujours d’être mis en défaut et sera très gêné dans son action. En effet, on supporte très mal qu’un supérieur puisse imputer à notre mauvaise volonté ou à notre négligence ce qui sera l’effet d’instructions vagues et obscures. Il ne faut jamais rien supposer, mieux vaut redire des évidences que de laisser les choses dans l’imprécision. La clarté doit être dans les règlements comme dans les ordres et elle doit être dans les situations comme dans les règlements. Un subordonné doit savoir de qui il dépend et à qui il doit rendre compte.

4- Les relations personnelles entre le chef et les subordonnés

Un exemple parlera mieux que tout autre discours :Napoléon ne connaissait pas tous ses soldats mais à l’occasion il savait parler chaleureusement à un hussard, tirer l’oreille d’un grenadier, appeler par son nom un voltigeur. Ainsi tous les soldats savaient que derrière la machinerie de la Grande Armée, il y avait un homme et ils avaient pour lui une admiration sans borne. Ils aimaient l’empereur.

Lorsque le supérieur, qui n’a jamais beaucoup de temps à passer dans les lieux qu’il visite, ne vous adresse pas la parole sinon pour vous dire bonjour et au revoir, même avec un grand sourire, cela ne vous le fait pas aimer ni admirer, quelques que soient ses qualités personnelles par ailleurs. Lorsqu’il ne s’intéresse pas aux questions et aux problèmes importants de ses subordonnés, lorsqu’il ne les soutient pas dans leurs épreuves, son autorité personnelle diminue d’autant à chaque fois. L’obéissance est rendue indifférente, puis difficile, puis vraiment pénible au fur et à mesure que le poids des problèmes doit être porté dans la solitude et l’incompréhension. Il ne faut pas crier au scandale si cela provoque ensuite des dérapages, le supérieur n’a qu’à s’en prendre à lui-même.

5- Contrôles et sanctions

Il faut contrôler pour voir comment les ordres sont exécutés et il faut sanctionner par les félicitations, les encouragements, les promotions ou, au contraire, par le blâme, la mise à l’écart, le renvoi. C’est la meilleure façon de faire respecter objectivement l’ordre en évitant la contrainte. Psychologiquement, c’est en même temps un des plus puissants excitants au travail et au travail bien fait. Tout subordonné, y compris les plus hauts placés dans la hiérarchie, est sensible au contrôle, du moins quand celui-ci est bien fait. Car la part de contrainte qu’il y a dans une surveillance faite intelligemment est beaucoup moins pesante que n’est agréable le fait que le travail est connu et apprécié.

Le contrôle n’est agaçant voire insupportable que lorsqu’il s’applique à l’exécution du travail en cours, car personne n’aime avoir quelqu’un sur son dos pendant qu’il fait ce qu’il a à faire. La sanction est normale si elle est simplement l’expression d’un jugement juste sur le travail exécuté.

L’absence ou l’insuffisance de contrôle et de sanction ne sont pas seulement une prime au mauvais travail, c’est en quelque sorte l’expression du manque d’intérêt porté au subalterne. Rien n’est plus décourageant et déprimant pour le subalterne que d’avoir l’impression qu’on l’ignore ou qu’on ne s’occupe pas de lui. Les deux moteurs de la motivation et du dynamisme sont bien la reconnaissance et l’intérêt des supérieurs.

Il n’y a plus de chefs

C’est bien le triste constat que l’on peut faire en portant sur nos sociétés un regard lucide. C’est ici que l’on mesure toute la portée du châtiment dont Dieu a frappé ses enfants rebelles. La charité se refroidit et avec elle disparaît la justice. La légitimité des lois fait naufrage dans l’opposition systématique aux lois de Dieu. L’hérésie et l’apostasie des hommes d’Eglise ont supprimé le pouvoir de juridiction qui est donné par Jésus-Christ pour gouverner l’Eglise dans l’unité de la Foi et la sainteté des sacrements. Ces deux réalités surnaturelles ont été méthodiquement saccagées par les ennemis de l’Eglise infiltrés depuis un siècle dans son sein et parvenus au sommet du pouvoir administratif : c’est pourquoi nous appelons ce pouvoir Vatican d’eux. Les évêques et les prêtres qui continuent à transmettre les sacrements valides grâce à leur pouvoir d’ordre, n’ont plus le pouvoir de juridiction afin de gouverner le peuple chrétien. C’est tout le drame des autorités de la FSSPX aujourd’hui, qui sont aveugles et muettes contre l’offensive du clan du sycomore.

Avec cela, les hommes sont frappés en grand nombre par la folie, qu’on appelle aujourd’hui maladie psychique. Deux millions de malades sont soignés en France. Sur ces deux millions, 90 % sont des hommes ! Et ceux qui ne sont pas fous n’ont plus d’autorité naturelle, car en coupant la tête de son roi, la France a décapité tous les pères de famille et toute autorité. Ensuite, la république s’est chargée de les massacrer sur tous les fronts d’Europe, d’Asie et d’Afrique. Ce qui fait de notre société moderne, une société féminisée à l’excès.

Nous ne retournons pas à l’état de barbarie, car on ne peut renaître une deuxième fois. Nous mourrons sous la mains des barbares. Si un petit nombre en réchappe, ce sera un très grand miracle. Ce sera le règne du Cœur Immaculé de Marie qui nous a promis le triomphe final.