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"... cacophonie des intelligences entretenue par Yves Amiot et  par un Mgr Williamson sous l'influence de son maître..."

Analyse de Louis-Hubert Rémy, diffusée par CSI le 11 décembre 2004

« Il veut régner sur la France et par la France sur le monde. »
Mgr Delassus

Jansénisme : la cacophonie des intelligences entretenue par Yves Amiot et  par un Mgr Williamson sous l'influence de son maître : Hecquart

«Ce qui rend inextricable aujourd'hui la «cacophonie» des intelligences, c'est l'abus des équivoques, des mots à signification indéterminée qui cachent une erreur dissimulée derrière ce qu'ils contiennent de vrai. C'est avec des équivoques que l'on a pu désaxer bien des intelligences sans méfiance.»

Abbé Torrens

Les mutins de la FSSPX emmenés par les abbés Laguérie, Héry et les laïcs Yves Amiot et Maxence Hecquart cherchent à profiter des équivoques et à répandre l'accusation de jansénisme contre ceux qui ne partagent pas leurs vues.

Ainsi Yves Amiot déclare : "La véritable crise de la Fraternité, c’est cette espèce de dérive qu'elle connaît à l’heure actuelle et qui se traduit par à la fois un confinement, une contraction de son dispositif, une espèce de jansénisme de plus en plus marqué, un encadrement de plus en plus étroit des fidèles, et je dirais, non pas le rejet, mais la mise au deuxième niveau simplement des missions apostoliques pour privilégier et monter en épingle la sanctification individuelle, c'est-à-dire tout l'inverse de ce que devait être la Fraternité et de ce que Monseigneur Lefebvre avait voulu qu'elle soit"

Mgr Williamson, bien formé par sa semaine chez Maxence Hecquart, avait déjà déclaré le 17 octobre à Saint-Nicolas : « cette spiritualité du XVII ème, et si le bon sens manque, cette spiritualité tourne à la tartufferie et au Jansénisme… le petit faisait de l’angélisme, au nom sans doute de la rectitude, de tout ce qui est bon, de tout ce qui est correct. C’est le XVII ème siècle, c’est le Jansénisme, mes chers amis… le Jansénisme a basculé dans le libéralisme et la révolution française… alors si nous nous battons au nom d’une bonne cause, si nous nous battons, supposons contre le Jansénisme ou contre la tendance jansénisante… Mgr Lefebvre avait du bon sens. Et c’est cela qui va tempérer le danger jansénisant de cette spiritualité… »

 Yves Amiot et Mgr Williamson sont-ils des théologiens précis et compétents ?

Oui, la vie chrétienne est difficile. Oui, la croix et la désolation sont le lot du chrétien. Oui, nous sommes dans une vallée de larmes. C’est ce qu’ont toujours enseigné les saints, c’est ce qu’ont toujours vécu les chrétiens. Car pour aller au ciel il faut prouver notre amour, et la meilleure preuve de l’amour se donne dans l’épreuve, parce que pour aller au ciel il faut lutter contre des ennemis qui combattent jour et nuit pour perdre les âmes. Et ce n’est pas du jansénisme. Il est facile de voir que M. Amiot (comme beaucoup de Parisiens dont M. l’abbé de Tanoüarn) ne connaît pas Du Nombre des élus de Ricardo Torrens, traduit par M. Arnaud de Lassus, car il aurait compris la différence entre l’ascèse chrétienne et le jansénisme. Nous renvoyons le lecteur aux pages remarquables de ce livre sur le jansénisme, livre qui est disponible aux Editions Saint-Rémi, BP 80, 33410 Cadillac. Elles lui permettront de voir que M. Amiot, comme l’abbé de Tanoüarn, comme malheureusement Mgr. Williamson ont dit et répètent de grosses «bêtises» sur ce sujet, «bêtises» que l’on entendait il y a cinquante ans dans la bouche des modernistes.

Par contre si vous lisez L’Américanisme et la Conjuration antichrétienne de Mgr Delassus (disponible aux mêmes éditions), vous comprendrez que M. Amiot, les abbés Aulagnier, de Tanoüarn, et malheureusement Mgr. Williamson dérivent vers cette tendance. 

 

Nous donnons ci-dessous un extrait de l'ouvrage de l'abbé Torrens, qui est lui un théologien précis et compétent, au sujet de la fausse accusation de jansénisme envers ceux qui professent la doctrine catholique du petit nombre des élus. 

Extrait de l'ouvrage de José Ricart Torrens «Du nombre des élus»

CHAPITRE I

L'ENFER EXISTE

Il n'y a pas d'enfer ! disent :

- Les Libre-Penseurs : vous outragez la raison humaine !... à notre siècle croire à l'enfer ! ! !

- Les sceptiques : inventions de curés !

- Les modernistes : ne parlez pas de ça... Vous allez vider nos églises ! Vous heurtez l'esprit moderne...

- Les optimistes et les sentimentaux : le Bon Dieu est trop bon !... Pour un péché qui n'a duré qu'un moment ?

Mais...

Il ne s'agit pas de savoir si Un Tel croit en l'enfer ou non.

Il ne s'agit pas de savoir si un autre le trouve à son goût ou non.

Il ne s'agit pas de savoir si les intellectuels modernes s'en accommodent ou pas.

Il s'agit de savoir si l'enfer existe ou pas.

Eh bien !... Il y a un enfer.

Comment être bien sûr qu'il y a un Enfer ?

Mais justement par Celui qui a créé l'enfer... Et qui ne peut ni Se tromper, ni nous tromper, car Il est Dieu et Il a manifesté Sa Divinité par des miracles.

Or Dieu nous a révélé qu'il y a vraiment un enfer. Ouvrez la Sainte Ecriture et vous y verrez ce Dogme répété de multiples fois.

CHAPITRE II

LA QUESTION DU NOMBRE

A première vue il peut paraître inutile et inconvenant, de débattre la question du nombre de ceux qui se sauvent. Mais essayer de coordonner nos opinions avec les données de la Révélation n'est pas simple curiosité, ni simple étude théorique. Les saints en ont longuement traité, ont écrit et prêché sur le sujet et ont constaté les fruits salu­taires que l'on obtient quand on parle de ce terrible problème.

En définitive, nous soutenons les propositions suivantes

1° «Le Seigneur reconnaît les siens». (II Tim. ii, 19).

2° Beaucoup se sauvent. «Je vis une grande foule que personne ne pouvait compter ; de toutes nations, tribus, peuples et langues»  nous dit saint Jean en parlant des élus (Apoc., vii, 9). Rappelons-nous seulement que, selon certains historiens, le nombre des martyrs fut de plusieurs millions dans les trois premiers siècles de l'Eglise ...et que tous les saints de cette époque ne furent pas martyrs. De plus, l'Eglise, alors n'était qu'un petit noyau. Elle sera certainement très nombreuse dans le Ciel, la couronne qui chantera les louanges de la Sainte Trinité. Il appartient à chaque homme de faire partie des bienheureux, parce que Dieu «veut que tous les hommes soient sauvés, et parviennent à la connaissance de la vérité» (I Tim., ii, 4).

3° Très nombreux sont ceux qui se damnent : Multi Beaucoup (Mt., vii, 13).

4° La doctrine selon laquelle tout le monde se sauve est condamnée.

«Au moins doit-on bien espérer du salut éternel de tous ceux qui ne vivent pas dans le sein de la véritable Eglise du Christ». (SYLLABUS, proposition condamnée n° 17).

5° Comme le dit saint Prosper : «Si l'un se sauve, c'est par la grâce du Sauveur ; si d'autres se perdent c'est par leur faute». Le Concile de Quiersy enseignait la même chose en 853 (Denziger, 318) : «Le Dieu tout puissant veut le salut de tous les hommes sans exception (I Ti., ii, 4), bien que tous ne se sauvent pas. Ceux qui se sauvent c'est par la grâce du Seigneur ; ceux qui se perdent, c'est par leur faute. »

L'Eglise a toujours laissé libre cette question. Il n'y a aucun décret dogmatique sur ce point. Dans l'une des oraisons du Missel nous récitons : «Deus, cui soli cognilus est numerus electorum in superna felicitate locandus», (O Dieu qui seul connaissez le nombre des prédestinés au bonheur éternel) et elle nous rappelle Son infinie miséricorde : «Deus, cuius misericordiæ non est numerus et bonitatis infinitus est thesaurus», (O Dieu dont la miséricorde est innombrable et dont le trésor de bonté est infini).

Mais cela n'empêche pas que, humblement, sans donner cette doctrine pour définitive, sans lui accorder aucune note théologique, puisque l'Eglise ne l'a pas fait, sans imposer à personne notre façon de penser, nous puissions soutenir que le nombre des élus est relativement petit, si on le compare aux nombres des damnés ; et cela en nous appuyant sur les raisons qui seront analysées dans les chapitres suivants.

Nous répondrons au préalable aux objections que certains prétendent nous opposer quant à l'opportunité de soulever cette question lorsqu'on défend la doctrine traditionnelle. 

iii - c'est du rigorisme et du jansénisme

Prétendre que la doctrine traditionnelle du nombre des élus (grand en lui-même et «innombrable», mais petit relativement au nombre de ceux qui se damnent) est une doctrine qui découle du Jansénisme, fait sourire.

1° Plus de mille ans avant les Jansénistes, elle était enseignée déjà dans l'Eglise, avec saint Irénée, saint Augustin, saint Jérôme, saint Jean Chrysostome, saint Grégoire le Grand, etc.

2° Depuis, tous les saints qui en ont traité sont unanimes sur la question du petit nombre (relatif) des élus.

Les plus grands ennemis des Jansénistes enseignèrent justement cette doctrine du petit nombre (relatif) des élus.

Leur doctrine n'avait rien de commun avec les erreurs des Jansénistes qui prétendaient, eux, que Notre-Seigneur n'était mort que pour un petit nombre et qui, avec les Calvinistes, affirmaient ce blasphème sur la prédestination : beaucoup seront damnés sans qu'il y ait de leur faute, parce que Dieu ne leur aura pas donné la grâce.

Au contraire, la doctrine traditionnelle du Petit Nombre (relatif) des Elus, doctrine que nous faisons nôtre sans nous cacher, enseigne avec saint Paul que «Dieu veut le salut de tous, et veut que tous viennent à la Vérité». Toutefois, saint Ambroise fait remarquer : «Dieu veut que tous soient sauvés, mais s'ils veulent venir à Lui ; Il ne le veut pas de façon qu'ils puissent être sauvés même s'ils ne veulent pas se convertir» (i, II ad Tim. I).

Rappelons-nous toujours que Notre-Seigneur est mort pour tous et qu'un des châtiments des damnés sera justement de se souvenir que Dieu les avait créés pour les sauver, qu'Il leur avait donné toutes les grâces nécessaires, que Jésus-Christ avait payé tous leurs péchés sur la croix, qu'ils auraient très bien pu se sauver et que c'est bien par leur faute qu'ils se sont damnés.

Il n'y a qu'à accueillir, avec une très grande affection, un très grand respect, tous les pécheurs quels qu'ils soient, leur rendre présent l'amour infini et miséricordieux qui les invite, toujours prêt à pardonner s'ils reviennent loyalement à Lui... Il n'y a qu'à leur rappeler Sa tendresse pour la brebis égarée, Son amour pour le fils prodigue. Il n'y a qu'à aller à Marie et nourrir leur espérance par ces paroles pleines de confiance de Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus :

«Ce n'est pas parce que j'ai été préservée du péché mortel que je m'élève à Dieu par la confiance et l'amour. Ah ! je le sens, quand même j'aurais sur la conscience tous les crimes qui se peuvent commettre, je ne perdrais rien de ma confiance ; j'irais, le cœur brisé de repentir, me jeter dans les bras de mon Sauveur. Je sais qu'Il chérit l'enfant prodigue, j'ai entendu Ses paroles à sainte Madeleine, à la femme adultère, à la Samaritaine. Non, personne ne pourrait m'effrayer; car je sais à quoi m'en tenir sur Son amour et Sa miséricorde. Je sais que toute cette multitude d'offenses s'abîmerait en un clin d'œil, comme une goutte d'eau jetée dans un brasier ardent».

Rien de cela n'est du jansénisme, ni même du rigorisme, au sens hétérodoxe.

Ce qui rend inextricable aujourd'hui la «cacophonie» des intelligences, c'est l'abus des équivoques, des mots à signification indéterminée qui cachent une erreur dissimulée derrière ce qu'ils contiennent de vrai. C'est avec des équivoques que l'on a pu désaxer bien des intelligences sans méfiance.

On parle de liberté pour faire passer le libertinage, de neutralité pour cacher 'l’injustice criminelle du laïcisme, d'ouverture à gauche pour collaborer avec les communistes.

Si, par rigorisme, on entend prendre au sérieux l'enseignement de Notre-Seigneur et de son Eglise catholique romaine - car celle-là seule est la sienne et celle-là seule peut apporter le salut -, j'avoue que nous nous appliquons rigoureusement à suivre Son enseignement. Nous ne nous reconnaissons pas le droit de «faire un prix», ou des «rabais» quand il s'agit du dogme et de la morale...