RETOUR AUX INFOS

"La sainteté sacerdotale" - un prêtre - 17 décembre 2004

Repris d'Item

Le prêtre n’est pas un fidèle comme les autres, il n’est pas un simple baptisé. Le prêtre est un homme qui fait le pont entre Dieu et les hommes. Il est le pontife, un pied sur chaque rive : le Ciel et la Terre. Il donne aux hommes de la part de Dieu les grâces qu’Il veut leur accorder. Il fait monter les louanges, les demandes. Le prêtre, en latin « sacerdos », est celui qui donne le sacré (sacra dans : donnant les choses sacrées).

Même sans le péché originel, il y aurait eu des prêtres sur terre. En attendant la fin du temps fixé après la création en état de grâce d’Adam et d’Eve, en attendant la vision béatifique et le Ciel, leurs enfants se seraient multipliés en autant d’adorateurs. Le père de famille, en l’occurrence d’ailleurs les premiers patriarches eux-mêmes, aurait été au moins ce prêtre, celui qui aurait dirigé la prière. Représenter sa famille pour offrir les louanges de tous, remercier des grâces reçues au nom de tous, demander de nouvelles grâces.

Avec le péché originel du premier homme et de la première femme, tous les enfants naissent sans la grâce. Ils ont voulu déterminer eux-mêmes le bien et le mal, être indépendants d’un dieu menteur et despote, être des dieux. Ils ont récolté la mort, la souffrance, l’ignorance, la malice et le désordre des passions. Car Dieu est amour, et leur révolte était injuste. Les enfants naissent sans faute personnel mais vides de Dieu. Certains reprochent à Dieu les maladies, les malformations des bébés. D’une part, la créature ne sera jamais parfaite et sans défaut, d’autre part, Dieu nous avait créés en promettant de nous préserver de toute maladie. Le premier homme intelligent et volontaire a voulu une fausse liberté, il a renoncé aux promesses. Au lieu d’habiter la maison de Dieu, nous habitons la forêt sauvage où notre premier père a voulu s’enfuir. Dieu l’a permis, Il a voulu permettre cette faute. Il a tout de suite promis un Sauveur et une Immaculée Conception . Et depuis, ceux qui reviennent à lui par la grâce et en combattant contre leurs mauvais penchants, rendent à Dieu sa gloire et son honneur outragés, son amour outragé.

Depuis alors, le prêtre devait aussi demander pardon pour ses fautes et les fautes de sa famille, du peuple. Dieu se choisit un homme pour garder la foi, Abraham. Ce patriarche va mystérieusement rencontrer un prêtre du vrai Dieu, Melchisédech dont nous ne connaissons pas la vie. Du peuple juif, Dieu fit sortir des prêtres, à la tête duquel, Il choisira un Grand-Prêtre, figure du Prêtre par excellence, son Fils unique. En effet quel homme atteint du péché originel, et même justifié et en état de grâce par un acte de charité parfaite, pouvait racheter l’offense infinie faite à la majesté et à la bonté divines ? Le vrai pontife : vrai homme et vrai Dieu, des deux rives, avec une volonté humaine et une volonté divine mais une seule personne divine, avec des actes d’un mérite infini. Son Sacrifice, sa mort, la séparation de son corps et de son sang pouvaient enfin racheter les âmes, et même préserver celle de sa Mère de toute atteinte, de toute absence de grâce, de tout vide à sa conception.

Jésus Notre-Sauveur est avec nous jusqu’à la fin du monde, son Sacrifice unique du Vendredi Saint ne cesse de répandre sa grâce de rédemption. Mais Jésus a voulu le rendre toujours présent au milieu de son peuple, car il n’y a pas de culte digne sans sacrifice de louanges, d’action de grâces, de repentir et de demande (ainsi malheureusement les protestants n’ont que des « théologiens » qui dirigent la prière, mais plus de prêtre ni de sacrifice). Le moyen trouvé est à la mesure de la charité de notre Dieu : un homme comme Jésus consacrera en son nom du pain et du vin en son corps et en son sang pour rendre présent cette séparation mortelle qui fut son plus grand acte d’amour pour l’honneur de son Père et notre salut. Adam a voulu vivre sans Dieu, et il est mort. Jésus est mort pour Dieu et Il est ressuscité.

Ainsi donc ces pauvres hommes qui sont choisis pour devenir prêtres, en reçoivent le pouvoir par un sacrement, une imposition des mains et des paroles qui signifient le pouvoir d’offrir le sacrifice. Pour cela, Dieu infuse dans l’âme de ce pauvre homme une participation de la grâce propre de Jésus : la grâce d’union hypostatique, la grâce d’union de la nature divine et de la nature humaine dans la personne (hypostase en grec) divine. Ainsi le prêtre peut en quelque sorte dire vraiment pour Jésus : « Ceci est mon corps », « Ceci est mon sang ». Ce n’est pas le corps et le sang du prêtre, mais il y a un accident (terme philosophique qui désigne quelque chose qui n’appartient pas en substance à telle chose), il a une grâce qui est un « accident », une greffe dans l’âme du prêtre. Cette greffe est quelque chose de Jésus Homme-Dieu. Ainsi, en vérité, le prêtre a une dignité qui dépasse le caractère baptismal ou celui même de la confirmation. Nous aurons toujours besoin du Sacrifice de Jésus, nous aurons toujours besoin du prêtre, du pont qui achemine au Père nos prières et fait descendre les grâces.

Le prêtre est l’homme de Dieu, celui qui est l’intime de Dieu, ressemblance du Fils. C’est pourquoi la Sainte Eglise Romaine a toujours préservé ce trésor. Cet homme doit être plus pur, séparé des pécheurs, de la Terre et du Ciel. Les anges leur « envient » cette participation à la grâce d’union hypostatique.

Pour la sainteté sacerdotale, de nombreux candidats au sacerdoce décidèrent de consacrer leur célibat, ayant souci seulement du Seigneur, comme le conseille saint Paul. Ils avaient tout de même bien relu saint Paul : il vaut mieux se marier que de brûler en ne tenant pas la chasteté. Donc c’étaient des hommes qui avaient obtenu une grâce spéciale de renoncement, sans mépris pour l’union conjugale féconde aussi en sainteté.

En Occident, l’Eglise décide de rendre obligatoire le célibat pour la sainteté plus parfaite du sacerdoce. Lorsqu’il n’y a plus de vie commune par un mutuel accord (la consécration dans la vie religieuse est alors souvent demandée), lorsque le candidat est veuf, l’Eglise accepte des hommes mariés, mais c’est une exception. Cependant en Orient, les évêques demandent au Vicaire du Christ de ne pas légaliser le conseil évangélique de chasteté pour le prêtre, et ils n’admettent finalement cette exigence que pour l’épiscopat : le prêtre qui va être sacré doit être célibataire.

Mais cette loi qui date du quatrième siècle environ, a apporté de nombreuses grâces sur la Sainte Eglise. Alors même que parfois plus d’un tiers des prêtres vivaient en concubinage dans certaines régions (ex : Angleterre au XIIème siècle), les Souverains Pontifes ont maintenu cette sainte règle. Un pape pourrait permettre à nouveau l’ordination d’hommes mariés en Occident, mais cela serait un feu de paille : quelques milliers d’ordinations, puis plus beaucoup de ferveur, puis une décadence plus rapide. Les âmes ont tant besoin d’exemples de vie de sacrifice volontaire et joyeux dans la charité. Sans compter la sanctification personnelle plus profonde, l’intimité avec la sainte Trinité, avec la Vierge Marie.

L’APOSTOLAT

Toutefois, le Christ a parlé aux foules, Il a révélé les merveilles de la Nouvelle Alliance. Il a évangélisé les pécheurs, les pharisiens le lui ont suffisamment reproché. Saint Paul a été un apôtre infatigable : il nous dit que la foi vient de l’écoute, de l’extérieur : c’est un don de la grâce, exceptionnellement sans intermédiaire humain contre l’immanentisme moderne (Dieu est déjà en moi, je le sens, ce que je pense, c’est Dieu que je forme en moi).

La foi vient du baptême pour le nouveau-né dont la volonté est impuissante à la rejeter. Celui qui a l’âge de raison reçoit la foi, avec l’impulsion de la grâce certes, mais par une adhésion à la vérité de Dieu exposée à son intelligence : le témoignage de l’Evangile, la loi naturelle pour le païen dans l’ignorance (croire que Dieu existe et qu’Il récompense ceux qui l’aiment). Le prêtre, autre Christ, doit donc L’imiter en prêchant le Royaume des Cieux

Dom Chautard, dans son livre merveilleux de « l’Âme de tout apostolat », rappelle cette dignité du prêtre et l’importance de la vie d’union au Souverain Prêtre, une vie d’identification, une vie donnée pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. Le prêtre qui ne sait pas rester au moins une demi-heure en silence pour faire oraison chaque jour, qui ne prend pas le temps de prier en silence son bréviaire, qui ne s’instruit plus car il en sait assez, dit-il, le prêtre qui veut vivre sans arrêt au milieu des fidèles pour les convertir mais sans se ressourcer, sera un mauvais prêtre activiste et sans fruit réel. Jésus est un époux jaloux de son Eglise, le prêtre doit être l’époux jaloux de sa paroisse, l’époux exclusif des âmes qu’il purifie en offrant le Saint Sacrifice, en priant son bréviaire, en étant proche du Christ pour pouvoir le refléter.

LE PROBLÈME EST MAINTENANT LE SUIVANT :

A QUEL MOMENT PEUT-ON DIRE QU’UN PRÊTRE SUIT UNE RÈGLE SUFFISANTE DE VIE POUR POURVOIR ÊTRE UN SAINT PRÊTRE, DIGNE D’OFFRIR LE SAINT-SACRIFICE, ET VERITABLE APÔTRE QUI ATTIRE LES ÂMES AU CHRIST ???

Dans les statuts de la Fraternité Saint Pie X, un homme d’une rare expérience en matière de formation sacerdotale, Mgr Lefebvre a prévu une règle pour éviter aux prêtres d’être seuls et de se laisser aller. Ce bon évêque avait vu de nombreux prêtres solitaires ou indépendants s’éloigner du sacerdoce à la suite d’une déception, d’une épreuve, par un manque de vie intérieure. Dans la crise de 1965-1975, plus de 50 000 prêtres ont abandonné le Sacerdoce dénaturé par une démagogie délirante, et par une liturgie tellement « sympa » qu’elle en devenait vide de tout recueillement, de toute signification théologique du sacrifice. De plus, la liberté religieuse n’est plus la notion traditionnelle de tolérance d’un mal en attendant la conversion par l’Evangélisation, mais la reconnaissance d’un droit aux fausses religions. L’idée moderne laisse l’âme dans l’erreur au nom de sa liberté. En fait ce serait plutôt au nom de sa tranquillité. On ne veut plus déranger les non-catholiques, et même les non-chrétiens. Ce sont les prêtres alors qui restent tranquilles et ne savent plus à quoi ils servent, sinon parler de tout et de rien. La confession commence à revenir timidement par les communautés nouvelles, mais les absolutions collectives condamnées par le Pape Jean Paul II ont la vie dure.

L’Evangélisation traditionnelle disposait lentement l’âme à la grâce de la foi sans contrainte d’ailleurs inutile (c’est uniquement le chapelet de saint Dominique et sa pauvreté qui ont converti les Cathares et non les armées qui ont physiquement empêché l’hérésie de se répandre : condamnation de la matière, interdiction de se marier, d’avoir des enfants, parfois même de cultiver la terre, suicide pour délivrer l’âme, …).

Enfin voilà le prêtre ne savait plus où il en était …

Les statuts de la Fraternité proposent la table commune aux prêtres (le gîte et le couvert) et surtout :

- prière du matin de 8-10 minutes (l’heure de Prime du bréviaire) à 6h30.
- suivie de l’oraison jusqu’à 7h15
- messe de communauté ouverte aux fidèles à 7h15
- prière de midi de 5-7 minutes (l’heure de Sexte du bréviaire) à 12h15
- suivie du repas à 12h30
- chapelet à 19h00
- repas à 19h30.
- Prière du soir de 10-12 minutes (les complies du bréviaires) à 20h45.

Soit 8 rendez-vous en commun par jour.

Soit 56 rendez-vous en commun par semaine.

Le prêtre doit essayer d’étudier au moins une heure par jour pour nourrir sa foi.

Les prieurés doivent être choisis de préférence hors du tissu urbain, en périphérie pour garder le calme et le recueillement. Les écoles devenues nécessaires de par la demande pressante des fidèles et la besoin d’entretenir une jeunesse préservée d’une certaine corruption pour avoir des vocations, ont été admises. Elles ne doivent pas cependant troublées la vie du prieuré.

De plus, il est conseillé de ne déjeuner que deux fois par mois dans des familles, et en tournant pour ne pas se retrouver chez les mêmes et former des clans.

Les prêtres ne font pas le vœu de pauvreté ni d’obéissance, mais en suivent l’esprit.

Ainsi ils sont dédommagés de leurs frais kilométriques mais doivent acheter ou se faire offrir une voiture sauf si le prieuré a un système de voiture de communauté (ce que est rare sauf en missions étrangères). Ils veilleront s’ils ont une fortune familiale, à ne pas scandaliser les fidèles par un trop grand train de vie.

Pour ce qui est de l’obéissance, les débuts de la Fraternité ont demandé de répondre à de nombreuses urgences à travers le monde. C’est pourquoi il s’est installé une habitude des voyages et des nominations fréquentes. Tous les 15 août, les prêtres peuvent s’attendre à être nommés ailleurs, sauf les supérieurs de pays qui sont en poste théoriquement pour six ans, le supérieur général étant élu au chapitre général pour 12 ans.

Avec la stabilisation des fondations de prieurés, les fidèles se plaignent un peu de changements trop fréquents. Cela alors que déjà nos fidèles ne viennent pas du même village ou quartier, et que la cohésion est ainsi difficile. A cela il est répondu que

- parfois la nécessité de prendre une personne compétente oblige à la retirer prématurément alors que tout se passait bien.
- parfois, les prêtres ne sont pas appréciés par certains paroissiens, ou par certains confrères.
- Il ne faut pas que les prêtres s’attachent trop à leur apostolat, par danger du culte de la personnalité ou de la routine.

Enfin voilà, le programme de sainteté sacerdotale …

A QUEL MOMENT PEUT-ON DIRE QU’UN PRÊTRE SUIT UNE RÈGLE SUFFISANTE DE VIE POUR POURVOIR ÊTRE UN SAINT PRÊTRE, DIGNE D’OFFRIR LE SAINT-SACRIFICE, ET VERITABLE APÔTRE QUI ATTIRE LES ÂMES AU CHRIST ???

A quel moment les abbés Laguérie et Héry ont-ils démérité d’appartenir à la Fraternité Saint-Pie X ?

En dessous de combien d’exercices de piété ces prêtres ne méritent plus d’être acceptés en son sein ?

40 sur 56 ? Ou plutôt moins de la moitié : 28 sur 56 ?

Combien d’invitations peuvent-elles être tolérées ? 4 par mois, c’est à dire le double de ce qui est permis ?

Deux par semaine feraient 8 par mois. Trois par semaine feraient 12 par mois. Attention !!!

Mais au fait, la règle est faite pour la sainteté sacerdotale et non le prêtre pour la règle.

Et si les abbés Laguérie et Héry étaient de bons prêtres sans appliquer les règles exactes de la Fraternité.

Et si ces deux abbés et l’abbé de Tanouärn (même s’il a la « fâcheuse » habitude de vouloir convertir des pécheurs de la Nouvelle droite « franc-maçons et gnostiques et peut-être pires ») étaient de bons prêtres, bons réceptacles de la grâce d’union hypostatique du Souverain Prêtre.

Et si leur décontraction extérieure cachait un cœur bon et charitable forgé par une profonde oraison en intimité avec Jésus-Christ (CE QUI EXPLIQUERAIT LEUR SERMON ET LES CONVERSIONS !!!)

Et si les deux paroisses que l’abbé Laguérie n’étaient pas un pur mouvement d’orgueil, mais deux églises bénies de Dieu le Fils et de sa Sainte Mère (ON JUGE UN ARBRE Á SES FRUITS).

ET COMBIEN D’AUTRES PRÊTRES NE SUIVENT PAS LES STATUTS, MAIS NE SONT PAS INQUIÉTÉS PARCE QU’ILS N’OUVRENT PAS D’ÉGLISES EN VEXANT LES AUTORITÉS ???

Voici un post un peu long mais enfin …beaucoup de choses sont dites …C’est un déballage public ?

Et la convocation de deux prêtres devant un tribunal le 20 décembre, n’est-elle pas publique, Ô Scribes et Pharisiens hypocrites ???

Je m’expose encore trop mais comme notre cher Jean Eude est sur une fausse piste sur son forum, j’ai un peu de répit avant de me faire croquer par les lions.

Que les chers fidèles de la Fraternité attachés à la hiérarchie ne soient pas choqués. Je le suis plus qu’eux, si je peux me permettre. Tous ces développements vous prouvent, je l’espère, que je ne suis pas aveugle sur la réalité, mais veuillez admettre que nos chers supérieurs sont allés trop fort. Nous avons besoin de prêtres différents et non interchangeables, à condition qu’il ne fassent pas perdre la foi.

Ce ne sont ni les fidèles ni les prêtres qui condamnent bien trop souvent la paille dans l’œil de leur prochain qui doivent fixer le jugement de nos chers supérieurs.
Enfin voilà, veuillez m’excuser, mais je souhaite tellement ne pas être superficiel et ne pas vous mentir.

In Caritate.

(Extrait de l'Homélie de Mgr Richard WILLIAMSON - Dimanche 17 octobre 2004 - Saint Nicolas du Chardonnet)

Monseigneur Lefebvre, à côté de cette spiritualité du XVII ème siècle qui lui est parvenue par l'Ecole Française <à la recherche du moi ?>, à coté de cela, il avait un BON SENS et une HUMANITE qui est absolument nécessaire pour tempérer cette spiritualité du XVII ème, et si le bon sens manque, cette spiritualité tourne à la tartufferie et au Jansénisme. Que nous fassions attention dans la Fraternité ; il faut non seulement la . contenir et spiritualité. Je déteste ce mot. Pourquoi est ce que je le déteste ? Parce que très souvent il y a trop de la recherche de soi mêlée à la recherche de Dieu. Nous sommes de pauvres bougres, il ne faut pas l'oublier. Il faut chercher Dieu, et foncer vers Dieu. Et sainte Thérèse d'Avila de dire : « Le Bon Dieu préfère les âmes généreuses aux âmes sans défauts ». Eh oui ! Parce que la générosité finira par avoir le dessus sur les défauts. Mais le « sans défaut » ne garantira pas la générosité. Saint Pierre était généreux, il était fougueux. Il faisait des gaffes. Il se trompait, et qu'est-ce qu'a fait Notre Seigneur avec son cour ? Notre Seigneur a permis que St Pierre le renie trois fois. Au moment du grand besoin de Notre Seigneur, qu'est-ce que cela a fait ? St Pierre pensait que lui avait raison. Lui connaît tout, lui seul, moi je suis fort, moi je suis champion. J'y vais, et puis un moment plus tard il tombe, et le diable l'a eu. Par où ? Par le respect humain. C'était le point faible de Saint Pierre. Mais à partir de ce moment-là, St Pierre se rendait parfaitement compte qu'il n'était qu'un pauvre bougre mais un pauvre bougre pouvait faire un bon pape. Et un sans défaut qui s'admirait comme étant sans défaut ne pourrait pas faire un bon pape. Il ne comprendrait pas les hommes. Il n'aurait pas la compassion qu'il faut pour nous autres hommes, <pauvres êtres que nous sommes>. Et, la leçon, St Pierre ne l'a jamais oubliée. On dit qu'il a pleuré jusqu'à la fin de sa vie. Mais ses larmes ont été une partie essentielle de sa papauté, de sa sainteté pour diriger l'Eglise, et pour protéger la naissance et premiers jours <de l'Eglise>.

Alors cette spiritualité du XVII ème, comme moi je la dis <résume>, elle est bonne, elle <paraît bonne> sans doute, je vous dis « Sub specie boni », mais ce n'est pas « sub specie boni », c'est sub specie optimi. C'est en voulant être spirituel qu'on oublie d'être humain. Mgr Lefebvre a toujours été humain. Mais il est bien plus facile d'imiter l'extérieur pour se dire spirituel, que d'imiter cette fusion de la spiritualité avec l'humanité. Que je vous raconte aussi brièvement que possible la pièce de Shakespeare « Mesure pour mesure » :

C'est un jeune prince qui est tellement droit, tellement parfait, tellement correct, qu'il ne se connaît pas. Alors, le diable lui envoie, pour plaider une cause, une jeune sainte qui est belle. Elle veut entrer au couvent ; elle est très bonne. Isabelle, elle est tout à fait vertueuse. Alors devinez ce qui se passe. A la rencontre entre les deux, Isabelle plaide pour la vie de son frère, emprisonné par Angelo, le prince, et Angelo finit par lui faire une très mauvaise proposition. Parce que celui qui était si correct, si bien, si admirable, parce qu'il ne se connaissait pas, il était inhumain. Il a payé le prix. Là, Shakespeare, il n'était pas bête. Quel est le nom de ce jeune prince ? « Angelo » C'est à dire le petit faisait de l'angélisme, au nom sans doute de la rectitude, de tout ce qui est bon, de tout ce qui est correct. C'est le XVII ème siècle, c'est le Jansénisme, mes chers amis. En Angleterre, c'était le puritanisme. Sous apparence de bien, . et à force d'essais, à force de se croire <un ange> sans se souvenir qu'on est aussi bête, on tombe dans les bêtises et les abêtissements les plus terribles, et on bascule de l'un à l'autre, et le diable le sait pertinemment bien : le Jansénisme a basculé dans le libéralisme et la révolution française. Et le puritanisme en Angleterre a basculé dans le libéralisme, répandu maintenant dans toute l'Europe.

Alors faisons attention et soyons humbles. Et n'oublions pas que nous sommes des êtres humains, et le Bon Dieu, Notre Seigneur - c'est mystérieux - Il a voulu faire pour les ministres de son Eglise, pour sauver les âmes - Il a choisi les hommes et non pas les anges. Il aurait pu faire, Il aurait pu choisir pour ses prêtres des anges, Il ne l'a pas fait. Il a choisi nous autres pauvres hommes, et dès le début voilà avec Saint Pierre : « Rappelle-toi St Pierre, que tu n'es qu'un homme. Tu es toujours un homme et tu auras toujours besoin de moi, et tu auras toujours besoin de la compassion pour les autres êtres humains comme toi. » « Pardonnez-nous Seigneur, comme nous pardonnons ceux qui nous ont offensés » Et il faut le pardon. Et ça, c'est la sagesse de cette pièce de Shakespeare. C'est une leçon très catholique. C'est un drame profane, je veux bien, mais la leçon en est certainement catholique.

<Dans le drame, un duc intervient> pour empêcher que les actions aillent en pire, et à la fin Angelo reconnaît qu'il a fauté, et fauté gravement. Et il reconnaît qu'il mérite de mourir. Mais le duc, son chef, l'épargne. Le duc l'épargne, le duc lui pardonne, parce-qu'il <angelo> reconnaît qu'il est en faute.

(Fin de l'extrait de l'Homélie de Mgr Richard WILLIAMSON - Dimanche 17 octobre 2004 - Saint Nicolas du Chardonnet)

Alors, cette fois-ci, je m’adresse aux prêtres de la Fraternité : Qui jettera la première pierre aux trois abbés ? Veuillez faire preuve de charité sacerdotale. Reconnaissez que le combat de défense de la Foi catholique doit nous permettre de tolérer des confrères qui ne sont pas parfaits mais de simples prêtres qui n’ont pas démérités et ne font pas obstacle à la grâce.