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"Notules" - 18 décembre 2004

Repris du journal Mascaret, proche de l'abbé Laguérie.

1) L'Ordo liturgique 2005 ne mentionne pas même l'existence de l'église Saint-Éloi ! Pas de nom, pas d'adresse, pas d'horaire ; en un mot : rien. Par quelle délicatesse et de quelle main nous vient cette bizarrerie, nous ne tarderons pas à le savoir. Cet ordo, qui mentionne quelques crypto-sédévacantistes, quelques ralliés divers et variés a fait disparaître la grande église de la tradition en Gironde. Quel esprit préside à tout cela… sûrement celui de Monseigneur Lefebvre !!!

 

2) Dans le même ordre, une brave dame, parisienne, prévoyant un déplacement en Gironde, téléphone à la chapelle Sainte-Germaine pour connaître l'adresse et les horaires de Saint-Éloi. Une voix masculine (non point celle d'un prêtre heureusement) lui répond que l'église Saint-Éloi « n'existe plus ! » Rayée de la carte, volatilisée, réduite au néant ! A moins de prêter à certains des pouvoirs magiques (et maléfiques en l'occurrence), on peut dire en attendant que certains prennent leurs désirs pour des réalités.

 

3) Autre disparition, bien réelle celle-là : celle de Sainte Philomène, la statue vénérée dans la première chapelle latérale gauche de Saint-Eloi. Son propriétaire s'en est venu la récupérer. Il y avait quelque droit : elle lui appartient et il l'avait confiée à l'abbé Laguérie « aussi longtemps que Saint-Eloi serait à la Fraternité ». Que d'erreurs là dedans. Saint-Eloi pourrait, devrait appartenir à la Fraternité : il suffirait qu'elle la Fraternité veuille, qu'elle l'ait voulu. Mais, surtout, soustraire à la vénération du peuple chrétien du quartier, une sainte aussi jalouse que celle-là pour la confiner dans le privé est un calcul surnaturellement perdant. Prions la petite sainte du grand Curé d'Ars qu'elle ne lui en tienne pas rigueur et qu'elle nous retrouve une statue plus belle encore.

 

4) Car, dans l'extravagant, le plus insolite va suivre. C'est la confiscation du Bon Dieu Lui-même par les sœurs et… sur l'ordre de l'abbé de Cacqueray. Le 15 novembre 2004, l'abbé Héry est appelé d'urgence pour donner le viatique au chevet d'un malade en phase terminale, non loin du prieuré Sainte-Marie. Comme il se trouve au prieuré, c'est là naturellement qu'il va chercher les Saintes Espèces. Impossible : plus de clé du tabernacle, serrure inaccessible (véritable manie là-bas) et opposition des sœurs… qui confirment leur refus après un coup de fil à Suresnes. « Mais la charité pour un malade en urgence », s'inquiète l'abbé Héry ? La sœur supérieure répond embarrassée que l'obéissance (?) prévaut sur la charité : « Je sais, les malades sont au dessus de tout ça et passent avant, mais je dois obéir ». Survient l'abbé Duverger : il se contente auprès de notre abbé d'expliquer qu'on ne peut « avoir le beurre et l'argent du beurre ». Doit-on comprendre que le logement au prieuré est le beurre et le Saint Sacrement l'argent du prieuré ?… Le mourant (un fidèle paroissien saintement décédé quinze jours après, mais pouvait-on le savoir ?) n'aura que l'absolution indulgenciée et l'extrême-onction. Il a pardonné ; mais que reste-t-il du zèle apostolique et de la charité de Mgr Lefebvre… qui doit se retourner dans sa tombe…

 

5) Dérisoire, par rapport au précédent, mais assez cocasse tout de même, cet imprimé de mauvais conseil distribué par le clergé de la chapelle de Lisleferme aux paroissiens âgés ou malades, en vue de régler leurs obsèques, comme s'il s'agissait là d'une clientèle à soustraire à la concurrence des prêtres de Saint-Éloi. Ces paroissiens sont priés de s'engager dès à présent à n'avoir recours qu'à des prêtres de la-dite chapelle pour l'ultime cérémonie : « dans une chapelle de la Fraternité Saint Pie X, la messe étant dite par un prêtre de rite romain latin traditionnel membre de la Fraternité Saint Pie X ». Donc, n’envisagez pas d'obsèques qui seraient célébrés par le père Marziac, les bénédictins de Bellaigues, les franciscains d'Aurenque, l'abbé Bertrand, ni même l'abbé Laguérie ou l'abbé Héry car aucun de ces prêtres n'est considéré membre de la Fraternité Saint Pie X !!! Une clause juridique en bonne et due forme est incluse dans le formulaire, autorisant la Fraternité à engager toutes poursuites judiciaires contre quiconque s'opposerait à l'accomplissement de ces “dernières volontés”, dictées d'avance aux présumés mourants par le nouveau clergé de la chapelle. Que se passera-t-il si le mourant se ravise avant la fin, et demande finalement d'être enterré à Saint-Eloi ? S'il arrivait par malheur que la chapelle de Lisleferme se vide un jour tout à fait, et bien plus semble-t-il par des conduites pastorales aussi déroutantes que par la disparition naturelle de la mortelle nature humaine, elle n'aurait à s'en prendre qu'à ses pasteurs et non point à une “concurrence”, parfaitement loyale parce que simplement catholique.

 

6) Le Noël des exclus… L'abbé de Cacqueray assigne deux prêtres de la Fraternité au tribunal civil.

Jusqu'où ira Suresnes dans sa logique de mépris ? Le 20 décembre 2002 était rendu contre Saint-Éloi le jugement à la suite duquel fut réclamée dans la presse l'expulsion des fidèles de la Fraternité conduits par les abbés Laguérie et Héry. La paix était rapidement revenue. Saint-Éloi, plus que jamais ouverte et desservie, voit avancer sa restauration et s'embellit sans désemplir.

Devant ce fait, deux ans après, jour pour jour, c'est au tour de l'abbé de Cacqueray d'exiger l'expulsion des deux mêmes prêtres du prieuré Saint-Marie. Après d'incroyables menaces et sans aucun dialogue (l'abbé Héry n'a pas une seule fois été invité à se défendre depuis le début de la crise), le supérieur de district a saisi à cette fin le tribunal des référés. L'assignation est parvenue aux prêtres par huissier le 1er décembre. Le jugement aura lieu à Bordeaux ce lundi 20 décembre 2004. Y aura-t-il un Noël fraternel pour ces prêtres au prieuré ? Prions pour eux et pour leurs supérieurs.

 

7) Partis ou renvoyés ? Dans le dernier bulletin du Tiers-Ordre de la Fraternité, il est demandé de « prier pour les deux prêtres qui nous ont quitté ». S'ils ont quitté, pourquoi sont-ils encore au prieuré ? S'ils étaient partis, on ne chercherait plus à les chasser. La vérité est que les abbés Laguérie et Héry n'ont en rien quitté la Fraternité : on a voulu les renvoyer. S'ils demeurent à Bruges au Prieuré, c'est qu'ils ont engagé des recours légitimes et suspensifs contre des renvois indus et nuls, de nullité irrémédiable. Du reste, pourquoi prétendre qu'ils sont partis d'eux-mêmes, sinon pour la raison qu'on n'assume pas le fait de les avoir indûment renvoyés ?