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"Réponse à l’agresseur" - Miles, Revue des chevaliers Notre-Dame, n° 70, Noël 2004

Texte diffusé sur internet par csi.diffusion@free.fr

Puisque Monsieur Amiot affiche publiquement – et sans vergogne – ses menées subversives, révolutionnaires et libérales contre la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X et sa hiérarchie, qu’il veuille bien souffrir, à son tour, de recevoir les coups de ceux qui les défendent.

In principio : la Crise de Bordeaux

Rappelons simplement la genèse de cette crise. Une poignée de prêtres, connus d’ailleurs depuis longtemps pour leur comportement libéral, trouvent prétexte dans la gestion du séminaire d’Ecône (qu’ils estiment inappropriée), pour adresser une circulaire à nombre de leurs confrères, contre le Directeur d’Ecône et contre le Supérieur Général de la FSSPX.

Il s’agit là d’un prétexte, car la circulaire n’est pas soumise à la hiérarchie, elle attaque des prêtres ou d’anciens séminaristes dans leur vie privée et méconnaît totalement les réalités de la vie du séminaire.

Prétexte encore, car elle semble concentrer sur le Directeur d’Ecône toutes les erreurs, ignorant le niveau de plus en plus faible des séminaristes, ignorant que ces derniers proviennent d’écoles et de paroisses qui connaissent de plus en plus de difficultés, et de familles de plus en plus libérales.

Enfin, la méthode utilisée appartient au monde moderne, et n’a vraiment rien de catholique.

Ces prêtres ont finalement été punis par leur hiérarchie et se rapprochent aujourd’hui de l’Église moderne, sollicitant pour certains des incardinations dans des diocèses.

Ce qui ne les empêche pas d’organiser une véritable fronde chez les fidèles, qui, mal formés et mal informés, se laissent manipuler par des arguments fallacieux et des motivations sentimentales, et se permettent de s’en prendre ouvertement au successeur de Monseigneur Lefebvre, allant même jusqu’à inonder les boîtes aux lettres électroniques des fidèles d’une neuvaine «pour lutter contre les mutations exotiques»…

Monsieur Amiot constitue l’un des derniers avatars de ces manœuvres typiquement révolutionnaires.

Il est dangereux pour la Tradition de l’Église et il faut le combattre.

Les manœuvres de Monsieur Amiot

Poussé par on ne sait quel démon, ce personnage, qui participait déjà à la « défense » des pauvres-prêtres-bordelais-injustement-frappés-par-une-hiérarchie-inconséquente a décidé de créer une association : Sensus Fidei.

Débutée avec le projet d’assister les abbés Laguérie et Héry dans leurs contestations (l’Association « a pris connaissance avec surprise et tristesse du communiqué publié par la FSSPX le 21 octobre 2004 » sur ces prêtres), elle s’est organisée avec un but officiel plus large : « regrouper les laïcs qui suivent régulièrement les offices et plus généralement participent aux activités de la Fraternité Sacerdotale Internationale Saint-Pie X, en vue d’assurer leur représentation et de défendre leurs intérêts vis à vis des institutions civiles et religieuses et de toute personne physique ou morale susceptible d’intervenir dans ces activités ».

Et puis progressivement l’Association a fait part de ses objectifs plus concrets : « C’est pourquoi il est apparu nécessaire de créer une association, envisagée depuis longtemps par ceux d’entre eux qui sentaient venir une crise, résultant en partie de l’absence d’un dialogue régulier, voire organique, avec un clergé, trop confiné dans ses problèmes ou trop sensibilisé à un autoritarisme vétilleux. C’est donc dans ces conditions qu’a été décidée la constitution - aujourd’hui menée à bien - de l’Association des laïcs catholiques de tradition de la Région Île-de-France Sensus Fidei » (communiqué du 22 octobre 2004).

Les choses deviennent plus claires…

M. Yves Amiot est intervenu sur Radio-Courtoisie - une radio manipulée depuis longtemps par des forces hostiles à la Tradition en particulier, et à la Chrétienté en général… - le 17 novembre 2004.

Florilège :

Citation d’Yves Amiot : La véritable crise de la Fraternité, c’est cette espèce de dérive qu’elle connaît à l’heure actuelle et qui se traduit par à la fois un confinement, une contraction de son dispositif, une espèce de jansénisme de plus en plus marqué, un encadrement de plus en plus étroit des fidèles, et je dirais, non pas le rejet mais la mise au deuxième niveau simplement des missions apostoliques pour privilégier et monter en épingle la sanctification individuelle c’est-à-dire tout l’inverse ce que devait être la Fraternité et ce que Monseigneur Lefebvre avait voulu qu’elle soit.

Commentaire de Miles : Ces arguments, assénés comme des vérités reconnues sont évidemment faux : les fidèles s’émancipent, vivent de façon de plus en plus libérale. Ils regardent de plus en plus la télévision, se forment de moins en moins ; les femmes s’habillent de plus en plus mal, leurs enfants sont de moins en moins concernés par une vie pure et héroïque, etc… ad nauseum. Et les prêtres le clament de plus en plus ! Notamment ceux qui sont en charge de retraites spirituelles (Cf. Marchons droit ou Le Sel de la terre, par exemple).

Citation d’Yves Amiot : C’est un phénomène qui est marqué et qui est évident parce que depuis dix ans, la Fraternité piétine. Elle piétine. Si vous prenez la France, vous verrez que le nombre de prieurés n’a pas beaucoup bougé, que cela s’ouvre ici et que cela se ferme là.

Commentaire de Miles : Là encore un argument fallacieux : en quoi le nombre de nos prieurés pourrait-il traduire un piétinement ? C’est leur fréquentation qui compte, le nombre de fidèle qui s’y rend… Sont-ils trop pleins, nos prieurés ? Il est à craindre que le modernisme grandissant dans nos chapelles finisse plutôt par les vider, comme dans le monde…

Citation d’Yves Amiot : Elle a [la FSSPX] un énorme gisement de vocations que non seulement, elle n’utilise pas mais qu’elle décourage.

Commentaire de Miles : Encore un postulat inventé ! L’énorme gisement, c’est les écoles… Avant de se trouver dans les séminaires, cet « énorme gisement » se trouve, avec les mêmes problèmes, dans les écoles… dans les paroisses… dans les familles… et même exposé à une mauvaise presse et de mauvaises éditions de la Tradition. Et les familles qui ont la TV, qui s’habillent mal, qui ne se forment pas, qui ne prient pas ensemble, qui vivent trop immergées dans les mondanités… ne donnent pas de saints prêtres au monde. C’est vraiment aussi basique que cela.

Que fera l’Association de M. Amiot contre ce problème ?

Citation d’Yves Amiot : Et pour la première fois cette année, d’après mes renseignements, la Fraternité aura moins de prêtres qu’au début de l’année dernière.

Commentaire de Miles : Sommes-nous donc soumis aux lois du marché ? ! Existe-t-il pour les séminaires une politique de production, des objectifs quantitatifs à atteindre, des quotas de réalisation obligatoires ? Il y a, depuis 2000 ans, des années où l’on ordonne beaucoup de prêtres et des années où l’on en ordonne moins ! En revanche, combien d’âmes chacun de ces prêtres sauvera, et l’association de Monsieur Amiot les aidera-t-ils dans cette mission ? Là est la question…

Citation d’Yves Amiot : La condamnation de l’abbé Laguérie, c’est un outrage à la justice. C’est une offense à la vérité de bout en bout, c’est insoutenable.

Commentaire de Miles : Cela seul mériterait une fessée ! De quel droit Monsieur Amiot juge les décisions d’un évêque ? Que sait-il vraiment des menées de Monsieur l’abbé Laguérie ? Sait-il exactement pourquoi l’abbé Laguérie a été écarté de Saint-Nicolas-du-Chardonnet ?

Monsieur Amiot sait-il que l’abbé Laguérie avait été… renvoyé du séminaire d’Ecône par le chanoine Berthod, mais ré-intégré par… l’appui de l’abbé Aulagnier ? Monsieur Yves Amiot a-t-il eu à connaître les manipulations ou les tractations occultes que ce prêtre aurait pu mener contre sa hiérarchie ? Il ne faut pas tout confondre : l’amitié que l’on peut ressentir envers tel prêtre avec la défense de la vérité. Certains d’entre nous peuvent en témoigner : l’esprit dans les chapelles de Saintes et de Bordeaux est bien meilleur aujourd’hui. Les sermons ont une toute autre tenue ; les confessions refont "le plein", et les dames qui exhibaient leur anatomie durant la sainte messe sont parties… Est-ce pour nous ramener cela, que Monsieur Yves Amiot se bat ? Le combat se situe vraiment à un autre niveau !

Citation d’Yves Amiot : […] il se trouve qu’un article de Monde et Vie ayant eu le malheur de déplaire à la hiérarchie de la Fraternité, la distribution de Monde et Vie à l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet a été suspendue.

Commentaire de Miles : Il se trouve en fait que ce journal est mauvais… de plus en plus mauvais. Englué de libéralisme, empêtré de nationalismes divers, encombré de superficialités (TV, mode, cinéma branché, théâtres dans le coup, etc.), elle est dirigée par des personnes qui n’ont pas notre confiance et ne peut plus constituer une référence d’information et de loisir pour une famille. Nombreux sont ceux qui refusent que cette publication soit consultée par leurs enfants ! Et nombreux sont ceux qui l’ont écrit aux différents responsables des tables de presse.

L’Association de Monsieur Amiot a-t-elle prévu de défendre aussi Monde & Vie ?

L’on pourrait continuer ainsi sur plusieurs pages, mais cela suffit à démontrer dans quel camp se situe l’action de Monsieur Yves Amiot : celui du libéralisme et de la subversion, à moins que ce ne soit tout simplement celui de la sottise et de la naïveté…

Dans tous les cas, ça n’est pas en se mêlant des affaires internes et disciplinaires de la FSSPX, en mettant sur la place publique de fausses certitudes qui ne résistent pas à l’analyse ou en soutenant les prêtres désobéissants et libéraux, que l’on règlera nos problèmes, cela est certain.

La réalité est ailleurs

Les clubs et les salons n’avaient qu’un seul rôle : contrôler les flux « montants » et « descendants » des informations, empêcher les vraies informations d’être connues et finalement, construire un jugement des acteurs du pouvoir : éliminer les bons en détruisant leur réputation, et promouvoir les mauvais en les défendant coûte que coûte. Nous en sommes là aujourd’hui…

Sensus Fidei agit comme l’un de ces clubs du temps des « lumières ». But du club ? Faire pression sur les clercs, en faisant les «bonnes» et les «mauvaises» réputations, en défendant les «bons» clercs, en attaquant les « mauvais », impressionner les fidèles les plus malléables (leur nombre augmente !) en lançant des directives diverses… mais qui, on le verra, iront toutes toujours dans le sens d’un ralliement…

Et tout cela, en laissant accroire qu’elle constitue le plus grand nombre, grâce à l’appui d’un réseau de médias organisé à l’avance.

Finalement, il est probable que Sensus Fidei constitue une arme de guerre, de type révolutionnaire, qui soit pointé sur la tempe de la Tradition.

Affaire à suivre…

O.R., Miles, Revue des chevaliers Notre-Dame, n° 70, Noël 2004