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"Mes voeux" - abbé Ph. Laguérie - 20 janvier 2005

Repris du Mascaret de janvier 2005.

C'est dans la paix de Noël et des très belles solennités que nous avons suivies à Saint-Eloi (merci à notre cher diacre, Monsieur l'abbé Claude Prieur, nouveau correspondant de Mascaret, qui nous permit de célébrer trois messes solennelles en deux jours) que je viens vous présenter mes meilleurs vœux pour cette années.

S'il ne tenait qu'à moi, je la voudrais toute de paix, de labeurs apostoliques, de restauration et pas seulement des pierres mais surtout des esprits et des cœurs meurtris par celle qui s'achève. Je songe à cette phrase de Notre Seigneur à Jérusalem, la veille des Rameaux : « Si tu avais connu ce qui t'apportait la paix… combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme une poule rassemble ses petits sous ses ailes… ». C'était la deuxième et dernière fois que Jésus pleurait. Ces enfants, ce sont tous les fils de la Tradition catholique, sans aucune exception. Ces ailes, ce devraient être celles de la charité qui couvre et même se réjouit des différences de ses membres comme d'une merveilleuse complémentarité qui garantit seule la fécondité du corps tout entier (cf. Saint Paul qui passe son temps à le répéter). Cette poule, ce devrait être, c'est, notre belle Fraternité Saint Pie X à laquelle, d'instinct, se raccrochent tous ceux qui entendent garder intacte leur foi au Fils de Dieu fait homme… sans doute sa partie gauloise dont je suis et fier de l'être, lui fait aujourd'hui quelque turbulence. Mais qui ne voit que c'est l'envers d'une merveilleuse médaille qui a fait de la France et le berceau de cette grande famille et son enfant terrible. Si des parents ne veulent pas d'enfant terrible, qu'ils ne procréent pas (et donc ne se marient !). Mais c'est aussi les enfants terribles qui bâtissent de terribles familles, et non point les chiffes molles. Il est bien juste que le district de France soit à la Fraternité ce que la France est à l'Eglise… Le meilleur ou le pire ! Ah, si nous pouvions prendre un peu de recul, comme je m'efforce de le faire aujourd'hui… Car d'aucuns croient m'aider à présent en s'écartant de la Fraternité ou en se réjouissant de ses épreuves. Qu'ils sachent que je les désapprouve tout à fait. J'ai tout fait pour la Fraternité, avec elle, par elle depuis 25 ans. Et la restauration de Saint-Nicolas, et la résurrection de Sainte Colombe et la gestation de Saint-Eloi. Et aussi, mon document sur les pauvres séminaristes et tout et tout…

Et je ne permets à personne d'insinuer ou de dire le contraire. L'ultime calomnie contre moi est bien celle-là : affirmer mon intention antécédente, ma volonté délibérée de déstabilisation de l'Autorité (cf. extraits de Cor Unum parus sur le Forum catholique). Allons donc ! L'abbé de Cacqueray, tout cet été et à maintes reprises, a reconnu ma loyauté et dans ce qu'il jugeait des erreurs objectives, intentions les plus droites. Je peux citer là-dessus preuves et témoins. Je peux même démontrer facilement que c'est précisément ceux qui m’en accusent qui, les tout premiers, ont imaginés cela tout seuls, bien avant le 15 août. ( cf. coup de téléphone à Monsieur l'abbé Jacques Laguérie). Il m'est bien égal qu'on me reproche ma fougue et le zèle qui me dévore, celui de la maison de Dieu, même au prix de quelques gaffes. Mais je ne laisserai dire à personne - qui que ce soit et surtout à raison de l'autorité qu'il détient - que mes actions et mes intentions étaient de déstabiliser l'Autorité. Et je n'attendrais pas le jugement dernier pour établir la vérité de ce point… !

Qui peut croire pareille invention de dernière minute ? (Janvier 2005 … pour justifier Juillet 2004). J'ai acquis Sainte Colombe après deux ans de bataille juridique, trois ans d'un labeur acharné en plus de mon ministère, investi 3 millions de francs pris sur les oboles des veuves et donné le tout à la Fraternité… dans le but de déstabiliser l'Autorité de celle-ci ?

J'ai livré la bataille de Saint-Eloi, bien plus difficile que la précédente et quand Dieu - car c'est Lui et Lui seul n'en doutez pas - me l'a donnée, j'ai invité Monsieur l'abbé de Cacqueray à y célébrer la première grand messe (après mon frère Jacques pour la 1ère messe privée)… pour déstabiliser l'Autorité de la Fraternité ? Bigre ! Avouez que j'ai de drôles de manières de m'y prendre. Et quand j'y attendais enfin un successeur des apôtres pour y célébrer les confirmations, avec toute ma joie et ma fierté de gosse de Dieu il n'a pas voulu paraître… qui donc cherchait à déstabiliser quelque chose ? Quant à Notre-Dame du Bon Conseil (chapelle de Lisleferme) c’est bien pire. J’ai bataillé six années durant avec les meilleurs amis et avocats du secteur (Andreau, Rivière, de Lacoste) et l’admirable Bertrand Cuchet pour qu’elle soit acquise définitivement à la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X. Je me suis heurté, jusqu’à l’échec, à la poignée d’anticléricaux notoires, en procès les uns contre les autres, mais relayés par Suresnes. Comprenne qui pourra.

Alors la paix ? Oui et je la souhaite à tous et de tout cœur. Mais la paix et la guerre ont, en plus que l'un est le contraire de l'autre, ceci de particulier. La guerre peut se faire seul - et tant pis pour l'autre - tandis que la paix exige la détermination des deux. La mienne est totale et comme il serait simple de reprendre les négociations d'octobre, brisées par le scandaleux motu proprio de l'abbé Sélégny. Malheureusement, je ne vois aucun signe de détente en face et cet acharnement à inventer de nouveaux motifs plus spectaculaires, mais plus faux que les précédents pour se donner raison, ne dit rien qui vaille. Il signifie que les précédents ne valaient rien : voilà tout.

Aussi, prions, sanctifions nous, pratiquons la charité, surtout entre nous, travaillons, construisons, restaurons et laissons passer l'orage. Je suis persuadé que ni Dieu, ni la Vierge Marie, ni Monseigneur Lefebvre ne peuvent laisser les choses en l'état. La souffrance des confrères et des fidèles monte vers Dieu et je suis sûr que les supérieurs ne peuvent y rester insensibles.

Prions ardemment pour eux. Ils croient faire le bien malgré les désastres que leurs décisions accumulent. Ne les jugeons pas, respectons les et, le jour venu, assistons les.