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Communiqué de Sensus Fidei, sur le sermon de M. l’Abbé Bouchacourt

Texte paru sur "Sensus Fidei

Monsieur l’abbé Bouchacourt, lors du sermon qu’il a prononcé à Saint Nicolas du Chardonnet le 23 janvier 2005, a appelé les fidèles à préserver l’unité de la Fraternité et à porter leur croix dans un esprit d’obéissance. La sérénité et la noblesse de ses propos et la chaleur humaine avec laquelle il les a prononcés ont été d’autant plus appréciées que les assistants commençaient à en perdre l’habitude.

Il faut noter toutefois que, si l’unité de la Fraternité est actuellement remise en cause, les fidèles n’y sont pour rien, car la crise résulte d’une dérive de l’institution dûe à l’orientation nouvelle que lui imprime son actuelle hiérarchie. Cette dérive est d’ailleurs parfaitement mise en lumière par un article d’Yves Chiron, que vient du reste de reproduire le site internet de la Fraternité. Cet article précise : "Ce qui est en jeu dans la crise de Bordeaux est donc bien une conception divergente du sacerdoce et de l’apostolat" et il rajoute "Le prochain chapitre général de la Fraternité aura lieu en 2006. Un nouveau supérieur général y sera élu ... ce prochain chapitre général pourrait être l’occasion de modifier ou de préciser les statuts qui régissent actuellement la FSSPX". Cette fois les choses sont claires.

On peut donc comprendre que bien des fidèles - qui, depuis trente ans, ont donné, par leurs efforts et leurs sacrifices, les moyens à la Fraternité de se développer - s’étonnent, s’inquiètent et réagissent en voyant celle-ci s’orienter dans la voie d’un ordre de caractère presque monastique, privilégiant la "sanctification" du prêtre, où l’apostolat ne deviendrait qu’un "débordement" de sa vie intérieure, selon le mot même de l’Abbé de Cacqueray.

Il y a là une véritable mutation "d’objet social" devant laquelle aucun fidèle ne peut rester indifférent et nul n’est en droit de lui en faire reproche d’autant qu’ici la notion d’obéissance ne peut intervenir. L’obéissance est un moyen au service d’une fin ; si celle-ci est remise en cause, l’obéissance perd sa raison d'être et, de fait, c’est bien le cas aujourd’hui.

Monsieur l’Abbé Bouchacourt peut être certain que, dans cet esprit, les fidèles portent aujourd’hui leur croix, et de bien des manières qui sont toutes douloureuses, mais ils savent aussi que c’est par la Croix que s’opère la Résurrection, celle d’une Fraternité qu’ils aiment de tout leur coeur.

Le Président de Sensus Fidei