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Communiqué des abbés Laguérie & Héry - 24 mars 2005

Les abbés Philippe Laguérie et Christophe Héry
radiés de la sécurité sociale et traînés devant les tribunaux
22 mars 2005

Communiqué des prêtres de la Fraternité Saint-Pie X
expulsés de leur Prieuré à Bordeaux.

1 - Mgr Fellay assigne ses prêtres devant les Tribunaux civils

Le 25 octobre 2004, l’abbé Régis de Cacqueray Valmenier, supérieur de district, engage la première procédure juridique contre des membres de la Fraternité, en nous adressant une mise en demeure de quitter le Prieuré avant le 10 novembre, sous peine de poursuites judiciaires.

Le 1er décembre 2004, Mgr Bernard Fellay, supérieur général, ainsi que l’abbé de Cacqueray et l’abbé Pierre Duverger, occupant des lieux, mettent à exécution cette menace : ils saisissent contre nous le Tribunal statuant en référé à Bordeaux.

Le 7 mars 2005, ce Tribunal, sans entrer dans le problème de nos exclusions, se borne à constater que la FSSPX est locataire des lieux. Il a prononcé notre expulsion du Prieuré Sainte-Marie de Bruges, notre domicile légal. Il nous ordonne de partir avant le 7 mai 2005, sous peine d’une astreinte s’élevant à 75 euros par jour.

De plus, à la demande de Mgr Fellay et de l’abbé de Cacqueray, ce Tribunal nous ordonne de verser d’ici là un loyer de 700 euros par mois (ils demandaient 1500 euros ), alors qu’aucun prieuré loué par la Fraternité n’a vocation à générer des revenus de sous-location, surtout sur le dos des prêtres.

Dans sa motivation, le Tribunal considère qu’il ne lui appartient pas de juger au fond ni de s’immiscer dans le droit interne de l’Église pour reconnaître le caractère suspensif des recours que nous avons engagés.

Cependant, le motif principal retenu par le Tribunal bordelais pour notre expulsion du Prieuré de Bruges est une « entrave à l’exercice du culte » qui serait occasionnée par notre présence dans nos chambres au Prieuré. Le paradoxe est surprenant, puisque ce sont les sœurs et les abbés occupant le Prieuré qui nous empêchent d’y célébrer la messe (dans la chapelle Sainte-Marie bâtie de ses mains par l’abbé Laguérie), où d’y prendre le Saint-Sacrement pour les mourants – sur les consignes explicites de l’abbé de Cacqueray.

Ne voulant en cette Semaine Sainte, ni envenimer la situation , ni être poussé à la guerre de procédure civile voulue et engagée par Mgr Fellay, l’abbé de Cacqueray et l’abbé Duverger, nous restons en paix avec nos confrères et avec les fidèles de la Fraternité fondée par Mgr Lefebvre, à laquelle nous sommes profondément attachés.

Dans l’espoir de contribuer à ramener la Paix du Seigneur dans les cœurs blessés par cette douloureuse situation, nous quitterons le Prieuré. Nous sommes à la recherche d’un logement. Nous lançons un appel à la générosité des fidèles.

Néanmoins, en tant que prêtres catholiques au même titre que tous nos confrères de la Fraternité Saint-Pie X, nous ne pouvons pas laisser dire que nous entravons l’exercice du culte. C’est une question d’honneur sacerdotal. Nous n’attaquons pas nos supérieurs, mais contrairement aux allégations mensongères de l’abbé Jean-Luc Radier, nous constatons malheureusement que ce sont Mgr Fellay lui-même et l’abbé de Cacqueray qui ont les premiers entamé les procédures et envoyé les huissiers.

2 - L’abbé de Cacqueray écrit à la sécurité sociale que nous avons abandonné le sacerdoce

Touchant l’honneur du sacerdoce, on observera surtout le procédé diffamatoire employé pour nous priver de couverture sociale.

Interrogé d’abord par l’un de nos défenseurs, l’abbé Régis de Cacqueray Valmenier a répondu par lettre le 2 décembre 2004, affirmant nous avoir assurés auprès de la Caisse sociale d’assurance maladie et vieillesse des prêtres (la CAVIMAC), par l’intermédiaire du district, jusqu’au 31 décembre 2004. Pourtant, aucune des démarches de remboursements médicaux effectuées à Suresnes durant cette période n’a abouti.

C’est que, renseignements pris en mars 2005 auprès de la CAVIMAC, il s’avère qu’en réalité le même abbé de Cacqueray, supérieur du district de France, est intervenu très tôt auprès du service d’affiliation de la Caisse, par une lettre datée du 1 er septembre 2004 dont il ne nous a jamais informé. Et pour cause.

En effet, dans cette lettre dont il n’a fait aucune mention à l’intéressé, il demande la radiation de l’abbé Héry du régime d’assurance sociale, maladie et retraite, au motif qu’il n’exerce plus de ministère sacerdotal  – ce sont les mots de sa lettre ! Le lendemain même de l’exploit d’huissier signifiant à l’abbé Héry son exclusion !

Le 10 octobre 2004, l’abbé de Cacqueray récidive. Il écrit à nouveau à la Caisse pour réclamer cette fois la radiation de l’abbé Laguérie qui – selon cette seconde lettre – a quitté les ordres …

En clair, l’abbé de Cacqueray nous a ni plus ni moins calomnié auprès d’un organisme public comme prêtres défroqués, aux fins de nous déposséder plus sûrement de nos dro its à la protection sociale , après 31 et 22 ans d’ancienneté.

Cette accusation infamante venant d’un supérieur et confrère dans le sacerdoce porte très gravement atteinte, non pas seulement à notre honneur de prêtre, mais à l’honneur de toute la Fraternité.

Dans la pratique, nous serons contraints de recourir très vite à une assurance vieillesse et maladie privée très onéreuse, en attendant que la justice nous rétablisse dans nos droits.

3 - Nous continuons d’exercer notre ministère sacerdotal à l’église Saint-Éloi et prions pour la Paix

Notre place est toujours dans la Fraternité que nous aimons, dont les supérieurs actuels ont voulu malheureusement nous chasser par attentat et voies de fait, contre le Droit naturel et le Droit canonique.

Ils ont répandu la calomnie et la diffamation. Après leur avoir envoyé sans succès des vigiles et des chiens, ils sont allés jusqu’à réclamer aux Tribunaux de la République de jeter des prêtres à la rue. La justice suivra donc son cours, notamment devant le Tribunal civil de Nanterre dont dépend le district de France. Nous y avons fait recours contre nos exclusions, effectuées en violation du respect de notre sacerdoce et au mépris des règles les plus sacrées des droits de la défense.

Par ailleurs, notre recours canonique en nullité contre nos exclusions, engagé à Rome, a bien été enregistré par la Congrégation pour le Clergé, selon la voie désignée par Mgr Fellay lui-même à l’abbé Laguérie dans sa lettre du 28 août 2004.

Nous partageons l’étonnement et la tristesse des prêtres et des fidèles devant une telle surenchère, indigne de la bienveillance qui devrait unir les prêtres plus que tout autres. N’est-ce pas que cette bienveillance avait mystérieusement disparu bien avant l’été 2004 ? De notre côté, nous conservons respect envers nos supérieurs, même et surtout dans notre incompréhension absolue de leur attitude qui a fait de nous de véritables cibles.

Quoiqu’il arrive, nous pardonnons et continuons avec consolation notre ministère sacerdotal à l’église Saint-Éloi dont la restauration progresse merveilleusement et qui, par la grâce de Dieu, ne désemplit pas, bien au contraire. À Pâques, quatre adultes y recevront la grâce du baptême, deux autres s’y préparent – sans compter les baptêmes d’enfants.

Nous supplions Notre Seigneur de subvenir à nos besoins et de bénir le sacerdoce que nous avons reçu des mains de Mgr Lefebvre, en vue de répandre la grâce du salut et la charité de Dieu dans les âmes.

Abbé Philippe Laguérie
Abbé Christophe Héry