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Mise au point des abbés Laguérie et Héry - 10 avril 2005

Mise au point sur la situation des prêtres de Saint-Éloi vis à vis de Rome et de la Fraternité Saint-Pie X

La presse a beaucoup parlé de Saint-Éloi ces derniers temps. Certains articles, procédant par raccourci, ont donné de notre situation actuelle une présentation inexacte et déformée, voire erronée. Nous voulons ici rétablir les faits et préciser notre position.

1- M. Savary n’a pas le pouvoir de faire cesser la restauration de l’église St-Éloi

Rappelons que cette vénérable église du XIII ème siècle, qui fut la paroisse de Montaigne, fut complètement abandonnée par l’archevêché durant trente ans et livrée aux squatters qui l’ont entièrement vandalisée entre 1980 et 1993 ; elle fut alors reconvertie en centre de tri des archives municipales jusqu’en 2002, date à laquelle la Mairie l’a confiée à notre Association St-Éloi pour la rouvrir et la restaurer.

Aussitôt, l’archevêché et un groupe politique d’opposition ont attenté un procès contre le Maire. La décision du Conseil municipal de nous confier l’Église fut annulée. Nous avions fait appel, puis avions recouru au Conseil d’État, demandant de reconsidérer les vices de forme du jugement de la Cour d’appel de Bordeaux de mai 2004 (le même juge avait présidé la Cour en instance et en appel).

Notre pourvoi auprès du Conseil d’État n’a pas été jugé : contre toute équité et en dépit de ces vices de formes, ce pourvoi a été rejeté le 2 mars 2005 sans être examiné… Dont acte.

Or sur ce fait, la presse (sauf Sud-Ouest et France 3) a globalement relayé sans vérification le communiqué tendancieux du représentant local d’un parti politique (M. Savary) contre la restauration en cours et la résurrection de l’église Saint-Éloi par notre Association. Aux fins de satisfaire ses intérêts politiques locaux, il demande ni plus ni moins au gouvernement de faire cesser les travaux et évacuer l’église. Il désinforme et choque profondément la population bordelaise, toutes tendances confondues.

2- Seul l’archevêque est habilité à se prononcer sur le sort de St-Éloi

Si l’on s’en tient aux décisions du Tribunal de Bordeaux, seul l’archevêque, affectataire du lieu, est habilité à décider du sort de Saint-Éloi ? Mgr Ricard nous a affirmé en septembre 2004 qu’il n’avait pas l’intention de mettre un terme à notre présence. Il ne faut pas confondre, comme le laisse entendre la presse, la régularisation de Saint-Éloi du point de vue du Droit civil, et du point de vue du Droit canonique. Ce que nous avons dit est qu’il appartient à l’archevêché, et non à la Mairie (ni à un parti politique), soit de maintenir le statu quo, soit de formaliser notre présence légale dans l’édifice. Si, par improbable, l’archevêché changeait d’avis, l’Association pourrait alors recourir à la Cour européenne des droits de l’homme.

3- La couverture sociale de vos prêtres

Du point de vue de nos assurances sociales, nous ne sommes plus affiliés à la Caisse d’assurance vieillesse et maladie du régime obligatoire des prêtres : nous en avons été radiés sur l’intervention écrite de l’abbé de Cacqueray, par lettre du 1 er septembre (pour l’abbé Héry) et du 10 octobre 2004 (pour l’abbé Laguérie), au motif que nous aurions abandonné le sacerdoce ! Ce geste est profondément regrettable. Il manifeste la détermination de l’abbé de Cacqueray et son absence de volonté d’apaisement cet automne. En pratique, le code de la Sécurité sociale permet que soient prolongés nos droits de couverture minimum (hospitalisation lourde), durant les quatre années qui suivent notre radiation. Nous n’avons plus cependant d’assurance vieillesse.

4- Notre expulsion du prieuré Sainte-Marie de Bruges

Refusant tout arbitrage interne depuis cet été, Mgr Fellay a préféré nous assigner devant les tribunaux civils bordelais, en décembre, pour obtenir notre expulsion physique du prieuré. Ce Tribunal, statuant en référé et non sur le fond, nous ordonne de partir avant le 7 mai. En ce temps de Pâques et dans un souci de paix, ne voulant pas envenimer la situation, nous nous retirons du Prieuré sans faire appel. Nous recherchons un logement commun.

Néanmoins, aux seules fins de défendre notre honneur sacerdotal, les recours que nous avons engagés sur le fond auprès du Tribunal de Nanterre, à l’encontre de notre exclusion de la Fraternité, sont en cours d’instruction.

5- Notre place est toujours dans la Fraternité que nous aimons

Comme l’a écrit Mgr Tissier de Mallerais à Me Triomphe, le 9 septembre 2004, l’abbé Laguérie n’a pas été « muté au Mexique » mais proprement sanctionné. Il n’a pas « refusé sa mutation », il a fait recours contre sa sanction et, pour ce motif, s’est trouvé abusivement renvoyé. L’abbé Héry qui a pris sa défense en rappelant le Droit de l’Église a été pris pour cible le premier et s’est trouvé dès le 28 août en situation de licenciement abusif, à l’encontre des statuts et des ordonnances de la Fraternité qui prévoient que les supérieurs sont soumis au Droit canonique en vigueur.

À Rome, selon la voie que Mgr Fellay avait indiqué à l’abbé Laguérie dans sa lettre du 28 août 2004, nous avons engagé des recours en nullité contre nos renvois abusifs, prononcées en violation du Droit de l’Église et de nos statuts. Ces recours ont bien été enregistrés par la Congrégation pour le Clergé. Ils sont par nature suspensifs.

En conséquence, si la Fraternité a conservé le pouvoir d’incardiner ses membres en raison des recours suspensifs faits par Mgr Lefebvre contre les sanctions qu’il avait subi entre 1976 et 1988, aussi bien, nos recours en nullité contre nos renvois nous maintiennent de droit cette incardination dans la Fraternité (l’incardination est le rattachement d’un prêtre à l’Église).

C’est pourquoi nous considérons que notre place est toujours dans la Fraternité que nous aimons, même si nous souffrons des mauvais traitements et d’un rejet de la part des supérieurs actuels. Nous prions pour eux et pour tous les membres de la Fraternité.

6- Notre ministère à Saint-Éloi reste licite, en vertu de la juridiction de suppléance.

Comme nous l’avons dit dans notre communiqué du 22 octobre 2004, la messe et les sacrements à Saint-Éloi gardent la même valeur qu’à Morgon, Bellaigues, Avrillé… et que dans tous les prieurés de la Fraternité. L’Église supplée en effet au salut des âmes. Selon les études de l’abbé François Pivert et de l’abbé Ramon Anglés en 1988, la juridiction de suppléance prévue par le Droit canonique (canon 1335) s’applique pleinement à Saint-Éloi comme ailleurs dans la Fraternité et les communautés amies, au profit de tous les fidèles qui s’adressent à nous.

7- Nous nous associons à la neuvaine au Saint-Esprit pour le conclave

Nous prions pour le repos de l’âme du pape Jean-Paul II. Une messe de requiem sera célébrée le mercredi 13 avril à 18h30 à St Eloi. Nous nous associons à la grande neuvaine au Saint-Esprit pour l’élection de son successeur, du 9 au 18 avril. Nous formons le vœu que le futur pape puisse reconnaître les erreurs de Vatican II et redonner tous ses droits à la Tradition dans l’Église. Notre souhait le plus cher est de continuer à servir la Fraternité dans la paix et dans le droit de l’Église, pour le salut des âmes et l’honneur du sacerdoce éternel de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Le 9 avril 2005

Abbé Philippe Laguérie
Abbé Christophe Héry