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21 mai 2005

Mr Cavrot
Le Chardonnet
23 rue des Bernardins
75005 PARIS

Monsieur

Non, j’ai le regret de vous dire que je ne renouvellerai pas mon abonnement au Chardonnet.

Depuis bien longtemps déjà j’étais une très fidèle paroissienne (d’adoption) de Saint-Nicolas. Ce ne sera malheureusement plus le cas désormais en raison du comportement haineux de Monsieur l’abbé BEAUVAIS, bien dans la ligne de ses supérieurs hiérarchiques, tant à l’égard de Monsieur l’abbé de TANOÜARN, mon directeur spirituel depuis une bonne dizaine d’années, que des jeunes des Cercles de Tradition de Paris qui l’avaient aidé dans la préparation du Congrès sur la laïcité, à la Mutualité, le 6 février dernier et qui fut un triomphe : sur internet on pouvait voir la grande salle de la Mutualité, comble, debout, ovationnant l’abbé de TANOÜARN.

En ce qui concerne d’abord les jeunes gens des Cercles de Tradition de Paris, l’abbé BEAUVAIS n’a pas hésité à les traiter, en chaire, de «  trotskistes » (je l’ai entendu de mes propres oreilles). Bien plus, à certains d’entre eux on a refusé les sacrements : deux prêtres de Saint Nicolas n’ont pas accepté (on me l’avait dit, je n’avais pas voulu le croire mais je le tiens de l’intéressé, tellement indigné qu’il me l’a même répété depuis) d’entendre l’un d’eux en confession. Curieuse de savoir quel texte du Corpus juri canonici pût justifier un tel déni de sacrement : alors qu’un prêtre ne pourrait pas refuser la confession à un criminel, comment peut-il le faire à l’égard d’un jeune homme tout dévoué à la Tradition et dont le seul péché (si l’on peut dire !) a été de ne pas se soumettre à un oukase de son curé (qui n’a même pas droit à ce titre au regard du droit canonique), j’ai fait des recherches qui m’ont permis de constater que ces deux prêtres de Saint Nicolas avaient agi en violation du canon 986. § 1 du code de Droit canonique de 1983, reprenant presque mot pour mot le canon 892 du Codex juris canonici de 1917 : « Tous ceux auxquels est confiée, en vertu de leur fonction, une charge d’âmes, sont tenus par l’obligation de pourvoir à ce que les confessions des fidèles qui leur sont confiés soient entendues, lorsqu’ils le demandent raisonnablement…». Qu’il me soit permis de citer aussi le canon 980, reprenant le canon 886 du Codex juris canonici de 1917, qui ajoute cette obligation complémentaire : « S’il n’y a pas de doute pour le confesseur sur les dispositions du pénitent, et que celui-ci demande l’absolution, cette dernière ne sera ni refusée, ni différée ». Ces précisions apportées, l’on peut remarquer que l’attitude de la Fraternité à l’égard des Cercles de Tradition de Paris était tout autre lorsque ceux-ci éditaient le livre du Symposium théologique qui s’était tenu à l’Institut Universitaire Saint-Pie X les 4 et 5 octobre 2002  : La religion de Vatican II, Etudes théologiques ( Premier Symposium de Paris, 4-5-6 octobre 2002).

Quant à l’abbé de TANOÜARN, les menaces (j’ai sous les yeux un article du Figaro du 9 septembre 2004 qui y fait allusion), atermoiements, tracasseries, vexations de toutes sortes, qu’il a subis pendant des mois, sont de notoriété publique. Je me bornerai donc à citer la réponse que j’ai reçue de Monsieur l’abbé Beauvais lorsque je me suis plainte de ne pas avoir trouvé mon confesseur habituel le 12 février dernier (alors même que j’avais téléphoné à Saint Nicolas avant de sortir de chez moi et que la liste des gardes de la semaine qui m’avait été communiquée indiquait que ce samedi matin le prêtre de garde était l’abbé de TANOÜARN ; ici encore, infraction au canon 991 du Code de Droit canonique de 1983, reprenant le canon 905 du Code de 1917 : «  Tout fidèle a la liberté de confesser ses péchés au confesseur régulièrement approuvé qu’il préfère, même s’il est d’un autre rite ». Sur un ton haineux que je ne pourrai jamais oublier il m’a dit : « Il ne reviendra plus! ». Eh bien ! moi non plus, je ne reviendrai plus! Je suis d’abord allée à la messe tridentine de Saint Eugène, dont les chants, d’une grande beauté, n’ont rien à voir avec ceux, demeurés bien médiocres, de Saint Nicolas. Et maintenant, Dieu merci, depuis le 1 er mai, au Centre Saint Paul, fondé par Monsieur l’abbé de TANOÜARN, j’ai le choix, tous les dimanches, entre quatre messes, sans compter les nombreuses prédications et conférences d’un grand intérêt auxquelles je suis heureuse de pouvoir assister. Désormais la vie de saint Nicolas, à laquelle je participais autrefois avec ferveur, m’est devenue étrangère.

Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de ma considération distinguée.

Yvonne BONGERT
Professeur émérite à l’Université Paris II