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Assemblée générale de Sensus Fidei du 22 juin 2005

L’Assemblée Générale de SENSUS FIDEI s’est tenue le 22 juin 2005 à l’effet d’approuver des délibérations permettant d’élargir son recrutement et d’étendre son domaine d’intervention. A cette occasion, le président a lu un rapport introductif dont on trouvera ci-dessous les principaux extraits.

« Nous vous avons convoqués en Assemblée Générale en vue de procéder à des modifications de notre objet social, car notre association doit s’adapter à l’évolution rapide du contexte dans lequel elle est amenée à intervenir.

Bien que vous disposiez des documents nécessaires à la tenue de votre assemblée, je crois néanmoins utile de vous fournir un certain nombre d’informations et d’éclaircissements sur notre activité depuis la création de SENSUS FIDEI pour vous permettre d’en mesurer pleinement l’importance et la signification.

 

Rappelons tout d’abord que l’idée de constituer une association des laïcs catholiques de Tradition était présente à l’esprit de plusieurs d’entre nous depuis longtemps. Il nous apparaissait, en effet, que notre clergé, très vulnérable face à des autorités religieuses et civiles réservées ou hostiles avait besoin de l’appui d’une structure laïque, puissante et motivée. Cette constatation s’est imposée en particulier à moi-même, lors de la tentative d’occupation de Saint Nicolas, le 8 décembre 2OO3, où nous n’étions guère qu’une vingtaine de laïcs autour de nos prêtres pour faire face à une situation délicate et même dangereuse.

Mais, d’autre part, il nous semblait, ces dernières années, que notre clergé se ressentait de tensions internes de plus en plus fortes et que, faute d’un dialogue ouvert et organisé avec les fidèles, il avait aussi tendance à traiter ceux-ci en quantité négligeable - alors qu’il agissait pourtant en suppléance de l’Eglise conciliaire, ce qui est l’une des sources mêmes de sa légitimité et en particulier de celle des “Sacres”. Par la suite, l’exclusion de nos Abbés de Bordeaux et les scènes scandaleuses auxquelles elle a donné lieu, ont fait apparaître au grand jour des comportements et des dérives dont nous ne soupçonnions ni l’ampleur ni même la nature. L’urgence s’imposait désormais de donner corps aux idées qui étaient déjà les nôtres et qui mûrissaient brusquement en “l’été meurtrier” de 2004.

C’est dans ces conditions que SENSUS FIDEI a vu le jour, début octobre 2004. A cette date, nous pensions encore que l’affaire de Bordeaux pourrait être traitée comme un dérapage et aussi comme l’occasion pour la hiérarchie de procéder à un examen de conscience, de corriger certaines insuffisances, de redresser certaines erreurs. C’est ce qui nous a conduit à participer à des négociations, dont je ne dirai rien de plus que le fait qu’elles aboutirent à un échec complet, faisant ressortir en outre que nos interlocuteurs, bien loin de se remettre en cause, aggravaient leur façon d’agir et accentuaient les orientations très personnelles qu’ils entendaient imprimer à l’institution dont ils avaient la charge.

C’est cet échec, lourd de signification, qui peut aider à comprendre le sermon retentissant prononcé par Mgr Williamson à Saint Nicolas le 17 octobre. Pour nous - c’est là notre interprétation personnelle, je m’empresse de le dire - il sonnait comme une ultime mise en garde et un ultime appel à un redressement nécessaire. Nous nous sommes mis donc en mesure d’observer ce qui allait suivre, guettant le moindre signe d’ouverture de la hiérarchie.

Il ne s’en produisit aucun. Bien au contraire, faut-il le rappeler ? Ce sermon fut censuré et les publications qui s’en faisaient l’écho mises à l’index. C’est dans ces conditions que, le l7 novembre, un mois jour pour jour après ce sermon, je crus devoir intervenir à Radio-Courtoisie, décidé cette fois à débrider des plaies dont d’aucuns se refusaient à reconnaître l’existence même. Je l’ai fait avec vigueur et donc sans circonlocutions superflues. Certains fidèles en ont été heurtés sur le moment, mais, pour beaucoup, ce fut l’occasion d’une prise de conscience qui se traduisit d’ailleurs par un afflux d’adhésions. A la fin de l’année, nous étions près de deux cents. Nous approchons aujourd’hui du double.

Il est à noter que notre intervention, si elle mettait en cause des orientations contestables, des insuffisances manifestes et des procédés condamnables, n’attaquait ni la foi ni les mœurs des responsables. Elle ne traduisait non plus, nullement, une rupture avec la Fraternité, mais, au contraire, incitait les fidèles à y demeurer plus que jamais présents. Elle appelait à un redressement, à une réintégration des prêtres injustement frappés et à la réconciliation qui devait s’en suivre. Nous redoutions en effet que la politique d’exclusion engagée ne se poursuive et ne s’aggrave comme l’avait laissé entendre une indiscrétion du “Figaro” durant l’été 2OO4. En bref, nous avions donc débridé des plaies non pour qu’elles s’enveniment mais pour qu’on les guérisse.

C’est l’ensemble de ces considérations qui nous a conduit à conserver une attitude prudente durant ce premier semestre, tout en resserrant les liens qui nous unissent et en s’ouvrant à l’accueil de nombreux adhérents nouveaux. Nous nous sommes réunis, en janvier, pour une galette des rois avec l’Abbé Laguérie. Nous nous sommes retrouvés, en février, à la Mutualité, pour le congrès sur la laïcité qui fut un remarquable succès. En mars, nous avons adressé une correspondance d’ensemble à tous nos adhérents sur les problèmes du moment. En avril, nous avons partagé ensemble l’Agneau pascal. En mai, enfin, nous avons préparé et convoqué la présente assemblée générale. En outre, les membres de notre bureau ont beaucoup travaillé et entretenu des relations individuelles fréquentes avec nos adhérents et surtout les plus récents de ceux-ci.

Mais, si sur un plan public, notre attitude a été toute de retenue pour éviter d’envenimer d’éventuelles polémiques, le moins que l’on puisse en dire est que nous n’avons pas été payés en retour par la hiérarchie de la Fraternité. Au lieu de se prêter au dialogue, elle a choisi la dénonciation, l’invective, l’agression même, ce qui témoigne que, pour certains hérauts de l‘Évangile, il est plus facile de donner des leçons que des exemples.

Nous ne reviendrons pas sur ce genre d‘incidents, sinon pour remarquer qu’ils ont tourné à la confusion de leurs auteurs et ont contribué - c’est sans doute leur seul mérite - à éclairer bien des esprits sur la réalité des choses. Pour notre part, fidèles en cela à la ligne de conduite que nous nous étions fixée, nous n’avons jamais demandé de droit de réponse et encore moins engagé de poursuites quelconques pour mettre fin aux calomnies dont nous étions l’objet. Ce n’était là que l’écume de toute situation de crise qui se dissout d’elle-même si on l’abandonne à sa propre vacuité.